Avant même de composer aux concours, l'inscription elle-même coûte. Au tarif normal, un candidat MP qui présente Polytechnique, Mines-Ponts, CentraleSupélec et CCINP cumule 220 + 360 + 140 + 240 = 960 € de frais de dossier, sans compter les concours secondaires. Pour un boursier du gouvernement français ou un pupille de la Nation, la même inscription est gratuite. Ce guide récapitule les tarifs officiels session 2026 par concours, les justificatifs à fournir, et les avantages qui dépassent le simple ticket d'entrée : bonus de points sur critères sociaux, statut salarié à l'X et aux ENS.
Aux parents
Les frais de concours ne doivent jamais être un frein à la candidature. SCEI et les autres banques prévoient des exonérations totales pour les candidats boursiers et les pupilles de la Nation ou pupilles de l'État. La pièce justificative se téléverse en deux clics sur le portail d'inscription, du 8 décembre 2025 au 20 janvier 2026 pour la session 2026. Si votre enfant est éligible et que vous l'ignoriez, c'est probablement le geste financier le plus rentable de l'année.
Qui est boursier au sens des concours ?
Pour SCEI et les autres banques, est considéré comme « boursier » tout candidat boursier du gouvernement français, c'est-à-dire titulaire d'une bourse de l'enseignement supérieur sur critères sociaux délivrée par le CROUS. Le statut s'apprécie à la date d'inscription au concours : il faut avoir une décision nominative d'attribution, soit définitive, soit conditionnelle. Tous les échelons sont éligibles, du 0 bis au 7. Une exonération de CVEC seule ne suffit pas, il faut bien la décision de bourse au sens propre.
Justificatif demandé par SCEI
Copie recto-verso de l'original de la décision d'attribution de bourse (CROUS ou Campus France), à téléverser au format PDF ou image sur votre dossier d'inscription. Si la décision n'est encore que conditionnelle au moment de l'inscription, elle est acceptée, SCEI vérifie ensuite la confirmation définitive avant le déclenchement des épreuves.
Les bourses étrangères ne sont en revanche pas reconnues par SCEI pour l'exonération : un candidat international boursier de son pays d'origine paie le tarif plein, sauf exception spécifique à un concours. À l'inverse, les boursiers français peuvent cumuler le tarif réduit avec les autres aides classiques de la prépa.
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Pupille de la Nation, pupille de l'État : deux statuts juridiques distincts
Aux concours, les deux statuts ouvrent exactement les mêmes droits tarifaires. Mais dans le droit français, ils ne désignent pas la même réalité.
Pupille de la Nation
Statut institué par la loi du 27 juillet 1917 et codifié dans le Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, Livre IV, articles L411-1 à L441-1. Sont éligibles les enfants de moins de 21 ans dont l'un des parents est mort ou a été blessé pour la France, ou dans des circonstances précises élargies par les réformes successives : militaires tués au combat ou en service, fonctionnaires civils morts en service public, victimes d'actes de terrorisme, sapeurs-pompiers, gendarmes, policiers, agents pénitentiaires. Plus récemment, les enfants de personnes dont l'acte de décès porte la mention « Mort pour le service de la Nation » ont vocation à ce statut.
L'attribution est prononcée par le tribunal judiciaire, en chambre du conseil, à la demande d'un parent, du représentant légal de l'enfant, de l'enfant lui-même s'il est majeur, ou à la diligence du procureur de la République. La famille conserve l'autorité parentale : l'État ne se substitue pas, il adopte la cause de l'enfant. Le suivi administratif est assuré par l'ONACVG (Office national des combattants et victimes de guerre). Les droits courent jusqu'à 21 ans pour la prise en charge éducative et pour toute la vie pour la mention sur l'état civil.
Pupille de l'État
Statut tout différent, codifié dans le Code de l'action sociale et des familles. Désigne un mineur privé durablement de famille (orphelin sans tutelle, enfant remis à l'aide sociale à l'enfance, enfant déclaré abandonné judiciairement). L'autorité parentale est exercée par le préfet assisté d'un conseil de famille des pupilles de l'État, en lien avec le conseil départemental. Le pupille de l'État est susceptible d'être adopté.
Côté SCEI : règle commune aux deux statuts
La note officielle des banques de concours dit : « Les candidats pupilles de l'État ou pupilles de la Nation doivent acquitter les frais de dossier au tarif des candidats boursiers ». En pratique, sur les concours majeurs (X, Mines-Ponts, CentraleSupélec, CCINP, Banque PT), ce tarif est zéro. La pièce demandée est unique : extrait d'acte de naissance portant la mention « pupille de la Nation » ou « pupille de l'État ».
Tarifs officiels 2026 : le tableau exhaustif
Données extraites des grilles SCEI 2025-2026 et du livret officiel Banque PT 2026. Les ENS (Ulm, Paris-Saclay, Lyon, Rennes) sont gratuites pour tous les candidats, sans condition.
| Concours | Non boursier | Boursier | Pupille |
|---|---|---|---|
| École polytechnique (MP/PC/PSI/MPI) | 220 € | 0 € | 0 € |
| ESPCI (PC) | 220 € | 0 € | 0 € |
| ENS (Ulm, Paris-Saclay, Lyon, Rennes) | 0 € | 0 € | 0 € |
| CentraleSupélec (par école de la banque) | 140 € | 0 € | 0 € |
| Concours Commun Mines-Ponts (10 écoles) | 360 € | 0 € | 0 € |
| Concours Mines-Télécom | 325 € | 0 € | 0 € |
| Banque CCINP + e3a-Polytech (frais de dossier) | 240 € | 0 € | 0 € |
| Concours POLYTECH (32 écoles) | 130 € | 0 € | 0 € |
| Concours AVENIR Prépas (5 écoles e3a-Polytech) | 65 € | 10 € | 10 € |
| Concours Ingéni'Up FESIC Prépa (7 écoles e3a-Polytech) | 50 € | 10 € | 10 € |
| Concours Puissance Alpha CPGE | 55 € | 10 € | 10 € |
| Banque PT (concours commun ENSAM) | 220 € | 0 € | 0 € |
| Banque Agro-Veto BCPST (AGRO ou VETO) | 354 € | 30 € | 30 € |
| Banque G2E BCPST (Géologie-Eau-Environnement) | 320 € | 120 € | 120 € |
Note sur les pupilles : sur Mines-Ponts, Mines-Télécom, Banque PT et CCINP+e3a-Polytech, la documentation officielle énonce une exonération totale explicite des pupilles (« les candidats boursiers, pupilles de l'État ou pupilles de la Nation sont exonérés des frais de dossier », SCEI MP 2026 et livret Banque PT 2026). Sur les autres concours (X, ENS, CentraleSupélec, Polytech), la règle est que les pupilles paient le tarif boursier, qui est nul. Sur Avenir et Puissance Alpha, les pupilles paient le tarif boursier (10 €).
Sources : grilles SCEI 2026 (filières MP, PC, PSI, MPI), livret Banque PT 2026, site officiel Concours Agro-Veto. Tarifs valables sous réserve d'approbation par les conseils d'administration des banques. Ces données sont également récapitulées dans notre guide de l'inscription SCEI.
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Concours majeurs : exonération totale
Sur Polytechnique, ENS, Mines-Ponts, CentraleSupélec, CCINP et Banque PT, l'exonération des boursiers et pupilles est totale : pas de tarif intermédiaire, pas de quote-part résiduelle. La logique économique est une cross-subsidization assumée, les frais facturés aux non-boursiers (140 à 360 €) couvrent les coûts de gestion et compensent l'exonération des candidats sur critères sociaux. Côté établissements, l'inscription au concours est un investissement pédagogique : la rigueur du recrutement sur critères académiques justifie de ne pas filtrer les candidats par leur capacité à payer.
À l'inverse, la Banque Agro-Veto pratique un tarif réduit de 30 € pour les boursiers (sur 354 €), et les concours en banque e3a-Polytech AVENIR PREPAS (65 €) et Ingéni'Up FESIC Prépa (50 €) appliquent un palier boursier à 10 €. La logique est différente : ces concours assument une partie de leurs coûts logistiques sur tous les candidats, avec une réduction symbolique pour les boursiers. Pour les boursiers d'Agro-Veto, la facture passe quand même de 354 à 30 €, un facteur 12.
Le détail Banque PT
La Banque PT mérite une mention particulière : sur les écoles secondaires de la banque (au-delà du concours commun ENSAM), chaque école fixe ses propres frais. La plupart appliquent un tarif boursier nul (0 €) avec un tarif non-boursier modéré (15 à 50 €), mais certaines pratiquent un tarif boursier de 10 à 20 € (ENSAIT Roubaix, ESITC, ESCOM). Le livret Banque PT 2026 détaille école par école.
Cumuler les concours sans exploser le budget
Pour un candidat boursier MP qui présente X + ENS + Mines-Ponts + CentraleSupélec + CCINP, le coût total d'inscription est de 0 €. Aucun trade-off à faire entre ambition et budget. Pour un non-boursier, la même combinaison atteint 220 + 0 + 360 + 140 + 240 = 960 €.
Bonus de points sur critères sociaux : 3 concours, 3 barèmes
Au-delà de la gratuité, plusieurs concours ont mis en place depuis 2024 un bonus de points à destination des candidats boursiers redoublant leur 2ème année, les « 5/2 boursiers ». L'objectif est d'absorber le différentiel de moyens (cours particuliers, séjours linguistiques, manuels parallèles) entre profils.
| Concours | Bonus écrit | Bonus oral | Total |
|---|---|---|---|
| Concours Commun Mines-Ponts (5/2 boursiers) | +30 pts | +30 pts | +60 pts |
| Concours Mines-Télécom (5/2 boursiers) | +15 pts | +15 pts | +30 pts |
| Banque PT (1re/2e année, ou 5/2 boursier) | selon l'école | selon l'école | variable |
L'amplitude réelle de ces 60 points sur le classement final dépend de la densité du barème de l'année et reste impossible à quantifier précisément, le BILAN officiel CCMP publie l'admissibilité globale par filière (29 à 37 %) mais pas les rangs par école du consortium. À volume comparable, le dispositif est calibré pour repositionner sensiblement les profils sur la liste finale. Concrètement, il exige tout de même que le candidat soit éligible à la fois au statut boursier (CROUS) et à la qualité 5/2 (deuxième année redoublée), ce qui restreint la cohorte concernée.
À ce jour, les concours X, ENS, CentraleSupélec et CCINP n'attribuent pas de bonification automatique sur critères sociaux à l'écrit ou à l'oral. Les classements y reflètent le concours brut, sans correction de profil. Pour le détail de l'organisation par concours, voir nos fiches X-ENS, CentraleSupélec et CCINP.
Au-delà du concours : scolarité et statut salarié
Une fois admis, le statut boursier ou pupille continue d'ouvrir des droits importants, surtout sur les écoles publiques relevant de la fonction publique d'État.
École polytechnique
Les élèves français ont le statut d'élève-officier pendant les trois années du cycle ingénieur polytechnicien. Ils perçoivent une rémunération mensuelle constituée d'une solde spéciale (base) de 512,58 €/mois (Arrêté du 29 mars 2024, Légifrance) complétée d'indemnités de service (dont l'IRF de 443,48 €/mois), vivent à Palaiseau dans des conditions hôtelières prises en charge, et ne paient aucun frais de scolarité, sous condition d'engagement décennal de servir l'État pendant 10 ans dans les 20 ans suivant le diplôme. Tout élève qui ne respecte pas cet engagement doit rembourser la « pantoufle », c'est-à-dire la somme représentant le coût de la scolarité prise en charge par l'État, soit plus de 40 000 € (décret n° 2015-566 du 20 mai 2015 modifié, applicable depuis la promotion X 2015). Ce dispositif, applicable à tous les élèves français quel que soit le statut social, est encore amélioré par les réductions de frais accordées sur dossier aux familles modestes via la commission ad hoc de l'École. Les pupilles de la Nation peuvent par ailleurs bénéficier de conseils complémentaires sur l'intégration.
ENS
Aux ENS d'Ulm, Paris-Saclay, Lyon et Rennes, les normaliens élèves admis par concours ont le statut de fonctionnaire-stagiaire. Ils perçoivent un traitement indexé sur le SMIC, d'environ 1 380 € net/mois (rentree.ens.psl.eu) sur les 4 années de scolarité, en contrepartie d'un engagement de service public également décennal. Les frais de scolarité sont nuls. Là encore, le statut social initial (boursier ou pupille) ne change pas le dispositif, qui est universel pour les normaliens.
Écoles de la Conférence des grandes écoles
Pour les écoles facturant des frais de scolarité (CentraleSupélec, Mines Paris, Ponts ParisTech, Centrale Lyon, Centrale Nantes, Arts et Métiers, ESPCI, etc.), les boursiers du gouvernement français bénéficient d'exonérations totales selon l'échelon CROUS. Les modalités précises sont propres à chaque école : à CentraleSupélec, les boursiers échelons 0 bis à 7 sont exonérés de la totalité des frais. À Mines Paris, les frais s'élèvent à environ 4 150 €/an pour les non-boursiers en 2024-2025 (3 850 € en 2023-2024 + augmentation de 300 € à la rentrée 2024) mais les boursiers CROUS sont totalement exonérés et bénéficient d'une bourse de vie. Les pupilles de la Nation et de l'État relèvent du régime boursier sur ces écoles.
Emplois réservés dans la fonction publique
Au-delà des écoles d'ingénieurs, le statut pupille de la Nation ouvre un dispositif spécifique d'emplois réservés dans la fonction publique civile et militaire. Codifié initialement par la loi du 30 janvier 1923 et plusieurs fois modifié, il permet l'accès à certains emplois de catégories B et C sans concours, sur dossier déposé auprès du service départemental de l'ONACVG. Ce dispositif n'est pas central pour les profils visant les grandes écoles d'ingénieurs (catégorie A), mais reste juridiquement ouvert et peut intéresser un parcours alternatif. Il est cumulable avec une carrière d'ingénieur, la mention pupille reste sur l'état civil à vie et conserve sa portée juridique.
Le coût total du parcours prépa → école
Pour un boursier ou pupille, le tunnel financier du parcours scientifique post-bac se réduit à la vie courante des deux années de prépa (logement, alimentation, fournitures), généralement couverte par les bourses CROUS, l'APL et le tarif RU à 1 €/repas (désormais ouvert à tous les étudiants). À partir de l'admission dans une école publique, l'élève bascule dans un statut payé (X, ENS) ou exonéré (CGE). Sur les 5 à 6 années post-bac, c'est un trajet majoritairement financé par l'État.



