Devenir vétérinaire, c'est encore souvent, dans l'imaginaire des familles, « faire une BCPST ». C'était vrai jusqu'en 2021, quand la prépa avait un quasi-monopole sur l'accès aux écoles. Ce n'est plus tout à fait le cas : il existe aujourd'hui une école vétérinaire accessible dès le bac via Parcoursup, et plusieurs autres voies pour les étudiants déjà à l'université. Mais la voie BCPST reste la plus large, et la plus sûre pour rester ouvert.
Cet article fait le point sur les cinq établissements qui forment des vétérinaires en France, sur les différentes voies d'accès au concours, sur les épreuves et la sélectivité réelle. Sans hiérarchie de valeur entre les voies, avec les chiffres 2025 vérifiés auprès des services de concours officiels.
Les écoles vétérinaires en France : quatre publiques, une privée
En France, cinq établissements délivrent le diplôme de docteur vétérinaire. Quatre sont des écoles nationales vétérinaires (ENV), publiques, sous tutelle du ministère de l'Agriculture. La cinquième est une école privée, ouverte récemment.
| École | Statut | Recrutement |
|---|---|---|
| ENVA — Maisons-Alfort (près de Paris) | Publique | Concours commun agro-véto |
| VetAgro Sup — Lyon | Publique | Concours commun agro-véto |
| Oniris VetAgroBio — Nantes | Publique | Concours commun agro-véto |
| ENVT — Toulouse | Publique | Concours commun agro-véto |
| UniLaSalle — Rouen | Privée | Concours propre (dossier + oraux) |
Les quatre écoles publiques recrutent par un concours commun, géré par le Service des concours agronomiques et vétérinaires. Elles offraient au total 720 places en 2025, toutes voies confondues, soit 180 places par école, un volume en hausse depuis quelques années pour répondre à la pénurie de vétérinaires en zone rurale.
UniLaSalle Rouen, ouverte à l'automne 2022, fonctionne à part : recrutement sur dossier et oraux, hors du concours commun, avec des frais de scolarité nettement plus élevés (plus de 14 000 € par an, contre environ 2 850 € dans les écoles publiques, gratuit pour les boursiers). Dans la suite de cet article, on se concentre sur le concours commun des quatre ENV publiques, qui concentre l'essentiel des candidats.
La voie A BCPST : la voie historique et la plus large
La voie A du concours, réservée aux élèves de prépa BCPST (Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre), est la voie royale vers l'école vétérinaire depuis des décennies. C'est elle qui forme le gros bataillon des admis chaque année. En 2025, elle a mené 272 candidats en école vétérinaire ; pour la session 2026, 268 places sont ouvertes par cette voie.
Le principe : deux ans de classe préparatoire BCPST après le bac, avec 8h de SVT par semaine, marque de fabrique unique de la filière, puis un concours écrit et oral. Les élèves admis intègrent l'école en deuxième année, pour cinq ans d'études vétérinaires. Si tu hésites encore sur la prépa à viser sur Parcoursup, notre guide BCPST ou MPSI/PCSI détaille les programmes et les débouchés comparés, et notre définition des classes préparatoires pose le cadre général des CPGE.
Pourquoi la voie historique reste souvent le choix raisonné ? Parce qu'elle est la plus large en nombre de places, et parce que la BCPST n'est jamais un cul-de-sac. Un élève qui rate le concours véto peut se rabattre sur les écoles d'agronomie comme AgroParisTech, les ENS biologie, ou basculer vers une licence ou un master en sciences du vivant. Le même concours agro-véto ouvre à tout cet écosystème, pas seulement au vétérinaire.
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Le concours post-bac : entrer via Parcoursup depuis 2021
C'est la nouveauté qui a changé la donne. Depuis 2021, un concours commun post-bac permet d'intégrer les quatre ENV publiques directement après le bac, sur Parcoursup, sans passer par une prépa. On entre alors pour six années d'études au sein de l'école.
L'accès se fait en deux temps : sélection sur dossier via Parcoursup, puis, pour les candidats retenus, des épreuves d'admission (écrits et oraux) au printemps. Les chiffres 2025 disent la sélectivité réelle : 280 places proposées (70 par école) pour environ 4 300 candidatures confirmées, soit un taux d'admission autour de 6,5 %. Un dossier de Terminale d'excellent niveau, spécialités scientifiques solides, est indispensable pour espérer être convoqué aux épreuves.
Aux parents. La voie post-bac est séduisante parce qu'elle évite la prépa et fait gagner un an (six ans d'études contre sept par la BCPST). Mais elle est ultra-sélective et laisse peu de rebond : en cas d'échec, l'élève se retrouve souvent en L1 de biologie, sans le filet que la BCPST offre vers l'agro, les ENS ou la recherche. Viser le post-bac a du sens si le projet est vétérinaire et rien d'autre, avec un dossier dans le très haut du panier. Sinon, la BCPST reste le choix ouvert et raisonné.
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Les voies B, C et D : licence, BTS/BUT, master
Le concours commun n'est pas réservé à la BCPST. Plusieurs voies « passerelles » permettent d'y accéder depuis l'université ou un cursus technique. Elles restent minoritaires en nombre de places, mais elles existent et donnent une vraie seconde chance.
- Voie B — Licence. Pour les étudiants ayant validé plusieurs semestres d'une licence scientifique éligible (biologie, sciences de la vie). Le concours donne accès à la deuxième année d'école.
- Voie C — BTS/BTSA et BUT. Pour les titulaires ou étudiants d'un BTS, BTSA ou BUT à dominante biologique. Les candidats passent désormais le concours commun directement en fin de deuxième année, sans passer par une classe préparatoire dédiée.
- Voie D — Master (bac+5). Pour les titulaires d'un diplôme de niveau master. Un très petit nombre de places, réservé à des profils déjà avancés en sciences du vivant.
- Voie A TB et voie ENS. À la marge, la prépa TB (pour Technologie et Biologie, réservée aux bacheliers technologiques STL ou STAV) et les élèves des ENS disposent aussi de quelques places dédiées.
Le message à retenir : si tu es déjà à l'université ou en BTS/BUT et que la vocation vétérinaire s'affirme, tout n'est pas perdu. Ces voies demandent une préparation spécifique et un dossier solide, mais elles ouvrent bien la porte des ENV.
Les épreuves et la sélectivité réelle
Par la voie BCPST, le concours se joue en deux phases. D'abord des écrits d'admissibilité qui balaient le spectre scientifique de la prépa : mathématiques, physique-chimie, biologie, géologie, auxquels s'ajoutent le français-philosophie et une langue vivante. Les meilleurs sont déclarés admissibles et convoqués aux oraux d'admission : épreuves scientifiques, présentation du TIPE, langue, et un entretien de motivation qui pèse dans une filière très vocationnelle.
Côté sélectivité, la filière vétérinaire est l'une des plus tendues des concours scientifiques. Par la voie BCPST, le taux d'intégration en école vétérinaire tourne autour de 16 % des inscrits à cette voie. Par le post-bac, on l'a vu, on descend vers 6,5 %. Autrement dit, quelle que soit la porte d'entrée, il faut un très bon dossier et une préparation sérieuse.
Pour t'entraîner sur des sujets scientifiques du bon niveau dès le lycée, appuie-toi sur nos annales du bac de spécialité physique-chimie, corrigées exercice par exercice. C'est le socle sur lequel se construit un dossier compétitif, aussi bien pour le post-bac que pour une entrée en BCPST.
La formation et le métier de vétérinaire
La durée totale dépend de la voie d'accès. Par le post-bac, c'est six ans : six années d'école après le bac. Par la voie BCPST, c'est sept ans post-bac : deux ans de prépa suivis de cinq ans d'école, l'admis intégrant directement la deuxième année des ENV. Dans les deux cas, le cursus débouche sur le diplôme d'État de docteur vétérinaire. Le cursus mêle sciences fondamentales, clinique, chirurgie, et de longues périodes de stage en cabinet, en clinique ou en élevage.
Le métier est plus large que l'image de la médecine des animaux de compagnie. On y trouve la clinique canine et équine, mais aussi la médecine rurale et l'élevage, la santé publique et la sécurité sanitaire des aliments, la recherche, l'industrie pharmaceutique vétérinaire, ou la protection animale. C'est un débouché exigeant, mais avec un vrai éventail de spécialisations possibles après le diplôme.
Quelle voie choisir selon ton profil
Il n'y a pas de voie « supérieure » dans l'absolu : il y a la voie qui correspond à ton dossier et à ton appétit pour le risque.
- Dossier de Terminale exceptionnel, projet uniquement vétérinaire : tente le concours post-bac. Tu gagnes un an et tu évites la prépa si tu passes, mais accepte que le pari soit mince et prévois un plan B.
- Bon profil scientifique équilibré, goût réel pour la SVT, envie de garder des options : la voie BCPST est faite pour toi. Plus de places, un écosystème de secours vers l'agro, les ENS et la recherche, et deux ans pour mûrir ton projet.
- Déjà en licence, BTS ou BUT à dominante bio : regarde sérieusement les voies B et C, qui te permettent de viser les ENV sans repartir de zéro.
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