Tu vises l'informatique à CentraleSupélec ? Le mot à connaître, c'est InfoNum : la dominante Informatique et Numérique de la 3e année. Derrière ce sigle se cachent quatre spécialisations très différentes, de l'intelligence artificielle à la cybersécurité. Petit tri pour choisir en connaissance de cause.
Dominante, mention : de quoi parle-t-on ?
À CentraleSupélec, la 3e année se joue sur deux niveaux. Tu choisis d'abord une dominante, un grand champ scientifique, puis une mention, une spécialisation plus fine à l'intérieur de cette dominante. Il existe huit dominantes en tout, et InfoNum est celle qui est dédiée à l'informatique et au numérique. C'est le premier réflexe à avoir : ne pas confondre le grand domaine que tu choisis et la spécialité précise que tu y creuseras ensuite.
La distinction n'est pas qu'une affaire de vocabulaire administratif. La dominante fixe la culture scientifique commune que tu partageras avec toute ta promo d'informaticiens : mêmes fondamentaux, mêmes projets de base, même laboratoire de rattachement. La mention, elle, oriente la deuxième moitié de l'année vers un métier ou une famille de problèmes en particulier. Deux élèves peuvent donc suivre la même dominante InfoNum et pourtant sortir avec des profils assez éloignés, l'un tourné vers la preuve de logiciel et l'autre vers l'apprentissage automatique.
Cette logique en deux temps est propre au cursus généraliste de l'École, et c'est elle qui explique pourquoi on peut arriver à CentraleSupélec sans être un pur informaticien et finir par se spécialiser en info. Tu ne t'engages pas sur une voie dès la première année : tu affines progressivement, d'abord en choisissant la dominante, puis en tranchant entre ses mentions.
À retenir : InfoNum n'est pas un cursus à part, c'est une dominante du cursus ingénieur généraliste. Elle se déploie sur les campus de Paris-Saclay et de Rennes selon les mentions.
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Les 4 mentions de la dominante
Quatre mentions structurent InfoNum, et elles ne racontent pas la même histoire du métier d'ingénieur informaticien. Prends le temps de lire ce qu'elles recouvrent avant de te laisser aimanter par l'intitulé le plus à la mode : le tableau ci-dessous résume l'esprit de chacune, puis on détaille au-dessous ce que ça veut dire concrètement.
| Mention | Ce qu'on y apprend |
|---|---|
| Sciences du logiciel | Maîtriser les concepts scientifiques qui rendent un système informatique fiable : logiciels sûrs, ingénierie dirigée par les modèles, principes et fondements théoriques. |
| Intelligence Artificielle | Modéliser, concevoir, développer, exploiter, évaluer et déployer des solutions informatiques innovantes et intelligentes. |
| Architecture des Systèmes Informatiques | Concevoir, développer, déployer, intégrer et faire évoluer des systèmes informatiques complexes. |
| Cybersécurité | Comprendre la menace, prévenir, détecter et remédier aux intrusions. Proposée sur le campus de Rennes, où sont implantés les laboratoires de cybersécurité de l'École. |
La mention Sciences du logiciel est la plus proche de ce qu'on appelle le génie logiciel : l'art de produire des programmes qui font vraiment ce qu'on attend d'eux, sans faille cachée. On y apprend à raisonner sur un logiciel comme sur un objet mathématique, à en décrire le comportement par des modèles et, dans les cas critiques, à en prouver la correction. C'est la voie de celles et ceux qui veulent que le code tienne, jusque dans les systèmes où une erreur n'est pas une option.
La mention Intelligence Artificielle forme des ingénieurs capables de porter une solution intelligente de bout en bout, de la modélisation du problème jusqu'au déploiement en conditions réelles. Concrètement, un ingénieur en IA passe une bonne partie de son temps à préparer des données, à choisir et entraîner des modèles, puis à évaluer honnêtement leurs limites avant de les mettre en production. C'est un métier qui mêle mathématiques appliquées, programmation et sens du problème métier, bien plus que le fantasme d'un algorithme magique.
La mention Architecture des Systèmes Informatiques prend le problème par le haut : comment assembler des briques logicielles et matérielles pour qu'elles tiennent ensemble à l'échelle. On y travaille la conception, le déploiement, l'intégration et l'évolution des systèmes, c'est-à-dire tout ce qui fait qu'une infrastructure reste maintenable quand elle grandit. C'est la mention des profils qui aiment voir la carte d'ensemble autant que la ligne de code.
La mention Cybersécurité, enfin, part de la menace pour remonter vers les moyens de s'en protéger. Prévenir, détecter, puis remédier aux intrusions : trois temps qui résument bien le métier, où l'on pense en permanence à la manière dont un système peut être attaqué. Elle se suit sur le campus de Rennes, adossée aux laboratoires de cybersécurité de l'École, un ancrage qui compte quand la discipline évolue aussi vite que les attaques.
Sous ces quatre spécialités, la dominante partage un socle commun solide. On y retrouve la programmation, les réseaux, les systèmes d'exploitation, l'intelligence artificielle, le big data, les algorithmes et le développement logiciel, le tout porté par des projets et un fort ancrage recherche. Autrement dit, quelle que soit la mention visée, tu ressors avec une culture informatique large avant de creuser ta spécialité.
Comment choisir ta mention ?
La bonne question n'est pas « quelle mention recrute le mieux ? » mais « quel type de problème as-tu envie de résoudre tous les jours ? ». Si tu prends du plaisir à traquer une preuve, à rendre un programme irréprochable, Sciences du logiciel te parlera. Si tu es aimanté par les données et l'apprentissage automatique, l'Intelligence Artificielle est ton terrain. Si tu penses spontanément en termes de systèmes qui s'emboîtent, l'Architecture des Systèmes Informatiques te ressemble. Et si l'idée de raisonner comme un attaquant pour mieux défendre t'attire, la Cybersécurité est faite pour toi.
Un point pratique à ne pas sous-estimer : la géographie. La Cybersécurité se suit à Rennes, quand d'autres mentions vivent à Paris-Saclay. Le choix de la mention peut donc emporter un choix de campus, avec ce que cela suppose de logement et de rythme de vie. Ce n'est pas un détail à découvrir au dernier moment, autant l'intégrer dès que tu commences à te projeter.
Nos profs Hadamard, anciens taupins passés par CentraleSupélec, l'X et les ENS, disent souvent la même chose : rien ne remplace le fait d'aller parler aux élèves déjà dans la dominante et d'assister à un cours si tu en as l'occasion. Les intitulés officiels donnent la direction, mais c'est le contact avec le terrain qui te fera sentir laquelle des quatre voies te correspond vraiment. Garde aussi en tête que le socle commun te laisse un temps d'observation avant de trancher.
Besoin d'aide pour choisir ?
Un conseiller pédagogique (ancien X ou Centrale) analyse votre profil et vous guide vers la filière qui vous correspond.
Cybersécurité : mention ou diplôme à part ?
Attention à ne pas confondre deux choses qui portent le même nom. La mention Cybersécurité décrite plus haut est une spécialisation de 3e année, réservée aux élèves du cursus généraliste qui ont d'abord choisi la dominante InfoNum. On y arrive donc après deux années de tronc commun, en fin de parcours, comme un point d'aboutissement de la formation d'ingénieur.
À côté, CentraleSupélec propose depuis 2025 un cursus Ingénieur Spécialité Cybersécurité, un diplôme d'ingénieur autonome de trois ans, recruté dès la 1re année à Rennes. Ce n'est pas une mention à l'intérieur d'InfoNum, c'est une voie distincte, avec son propre recrutement et son propre diplôme. Les deux mènent à la cybersécurité, mais l'une est une spécialisation tardive d'un généraliste et l'autre une formation dédiée dès le départ. Bien identifier laquelle tu vises t'évite un contresens d'orientation.
InfoNum et après : à quoi ça ouvre
Une dominante Informatique et Numérique ne t'enferme pas dans un métier unique. Le socle en programmation, réseaux, systèmes d'exploitation, algorithmes et développement logiciel est précisément celui que recherchent la plupart des employeurs du numérique, quelle que soit la mention que tu as choisie ensuite. Tu sors avant tout ingénieur informaticien, capable de comprendre un système dans son ensemble, puis spécialiste d'un domaine par ta mention.
L'ancrage recherche de la dominante compte aussi si tu envisages une thèse ou un métier tourné vers l'innovation. Travailler au contact des laboratoires, sur des projets qui touchent l'IA, le big data ou la sûreté des logiciels, c'est une porte ouverte vers les sujets de pointe. Si cette dimension t'attire, elle se prolonge naturellement dans le parcours Recherche, qui permet de coupler l'ingénierie et le monde académique.
Faut-il un profil info pour choisir InfoNum ?
Pas nécessairement. On intègre le cursus généraliste via le concours Centrale-Supélec depuis plusieurs filières de prépa, et la dominante ne se choisit qu'en 3e année. Un élève venu d'un parcours où l'informatique était moins centrale peut donc très bien s'orienter vers InfoNum une fois à l'École, à condition de s'y investir. Ton parcours de prépa d'origine ne verrouille pas la porte de la dominante.
Cela dit, prendre goût au code dès la Sup ne peut pas nuire, et cela pèse dans tes choix de filière en amont. Si l'option informatique t'attire dès la première année, notre article MPSI ou MP2I t'aide à décider en amont. Et si tu veux coupler l'informatique à un projet de recherche, jette un œil au parcours Recherche.



