La transition énergétique cherche des ingénieurs, et CentraleSupélec en forme désormais à Rennes via un diplôme dédié. Depuis 2025, le cursus Ingénieur Spécialité Génie Électrique, Énergie et Systèmes te permet de te spécialiser sur les énergies renouvelables et les réseaux électriques dès la 1re année, sur le concours Centrale-Supélec. Si tu es en prépa et que l'idée de travailler sur des sujets concrets, utiles et durables te parle, ce cursus mérite que tu t'y arrêtes. Voici ce qu'il faut en comprendre avant de construire ta stratégie de concours.
Pourquoi l'énergie recrute autant
Décarboner, c'est remplacer les énergies fossiles par de l'électricité bas-carbone et repenser la façon dont on la produit, la transporte et la consomme. Derrière ce mot d'ordre se cache un chantier industriel de plusieurs décennies : construire des parcs solaires et éoliens, moderniser des réseaux électriques conçus pour un autre siècle, électrifier les transports et l'industrie lourde, améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments et des usines. Chacun de ces chantiers repose sur des ingénieurs capables de faire le lien entre la physique, l'électrotechnique et les contraintes économiques du terrain.
Un réseau électrique, ce n'est pas qu'un ensemble de câbles. C'est un système qui doit maintenir à chaque instant un équilibre parfait entre ce qui est produit et ce qui est consommé, sous peine de coupure généralisée. Or les énergies renouvelables compliquent cet équilibre : le soleil et le vent ne se commandent pas, et leur production varie d'une heure à l'autre. Intégrer massivement ces sources intermittentes tout en gardant un réseau stable est l'un des grands défis techniques du moment, et il demande des compétences pointues en modélisation, en commande des systèmes et en pilotage de la donnée.
Résultat : les producteurs d'électricité, les gestionnaires de réseau, les industriels de l'équipement et les cabinets de conseil recrutent des profils formés à ces enjeux. C'est le contexte dans lequel CentraleSupélec a ouvert ce diplôme, pensé pour répondre à la réindustrialisation et à la souveraineté énergétique de la France.
Un diplôme tourné vers la transition
Concrètement, il s'agit d'un diplôme Bac+5 en trois ans, soit six semestres académiques, délivré sur le campus de CentraleSupélec à Rennes. Contrairement au cursus généraliste, où l'on choisit sa spécialisation en cours de route, celui-ci t'engage sur l'énergie dès l'entrée : tu sais où tu vas, et tout le programme est construit autour de cet objectif. C'est une voie plus resserrée, plus lisible, qui convient à ceux qui ont déjà une idée claire du métier vers lequel ils veulent aller.
Comme les autres cursus d'ingénieur de spécialité lancés à la rentrée de septembre 2025, il recrute au niveau Bac+2 et compte environ 25 places. C'est une promotion volontairement réduite, ce qui donne un cadre à taille humaine, loin des grands amphis anonymes. Le diplôme est accrédité par la Commission des Titres d'Ingénieur, l'organisme qui valide en France les formations habilitées à délivrer le titre d'ingénieur : autrement dit, tu sors avec un diplôme national reconnu, au même titre que les autres ingénieurs de l'École.
L'esprit du cursus : répondre à la réindustrialisation et à la souveraineté énergétique, en formant des ingénieurs capables d'agir sur la décarbonation, l'intégration des renouvelables et l'efficacité énergétique.
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Comment l'intégrer depuis la prépa
L'accès depuis la prépa se fait via le concours Centrale-Supélec, le même que tu prépares déjà pour les cursus classiques de l'École. Les épreuves dépendent de ta filière d'origine : le cursus recrute en MP, en MP voie internationale, en MPI, en PC, en PSI, en PT et en TSI. Autrement dit, aucune filière de prépa scientifique n'est écartée d'office, et tu n'as pas à changer de trajectoire pour te donner cette chance.
À côté de cette voie CPGE, il existe deux autres portes d'entrée. Un concours universitaire ouvre le cursus au niveau L3, à partir d'une licence scientifique, d'un Bachelor scientifique ou d'un BUT en troisième année. Et une voie de double-diplôme permet à des étudiants internationaux de rejoindre la formation. Pour un taupin, c'est surtout la voie concours qui compte : elle passe par les mêmes écrits et oraux que le reste de Centrale-Supélec, avec une bonne maîtrise de la physique et des sciences de l'ingénieur comme atout naturel pour une spécialité énergie.
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Ce que tu apprends pendant trois ans
Le programme s'organise autour de six domaines qui structurent l'ensemble du cursus : les humanités et la professionnalisation, les sciences, l'énergie, l'informatique, le système et les transitions. On retrouve là l'équilibre attendu d'une grande école d'ingénieurs, entre socle scientifique solide, ouverture aux enjeux de société et préparation concrète au métier. Les humanités et la professionnalisation ne sont pas un décor : elles t'apprennent à travailler en équipe, à communiquer et à comprendre le monde économique dans lequel tes projets vont s'inscrire.
Le cœur technique, lui, porte sur les énergies renouvelables, les réseaux électriques, la conversion électromécanique, la commande des systèmes, la modélisation, l'optimisation et l'efficacité énergétique. Derrière ces intitulés, tu apprends à dimensionner une installation solaire ou éolienne, à comprendre comment l'énergie circule et se transforme dans une machine, à piloter des systèmes complexes et à modéliser leur comportement pour l'optimiser. C'est un ensemble cohérent qui va du composant physique jusqu'au système global, exactement ce que réclament les métiers de la transition.
Les profs Hadamard, anciens taupins passés par les grandes écoles, le soulignent souvent : ce n'est pas parce qu'une spécialité est ciblée qu'elle ferme des portes. Un socle en électrotechnique, en automatique et en modélisation reste transférable à une grande partie de l'industrie, bien au-delà du seul secteur de l'énergie.
Stages, international et alternance
C'est un cursus très professionnalisant. Sur les trois ans, tu accumules 39 semaines de stage, soit près d'une année entière passée en entreprise. Ce n'est pas anecdotique : ces périodes te permettent d'appliquer ce que tu apprends, de te construire un réseau et d'arriver sur le marché du travail avec une expérience déjà tangible. Les semestres de printemps intègrent d'ailleurs des périodes de formation en entreprise, ce qui rythme l'année entre théorie et terrain.
L'international occupe aussi une place obligatoire, avec une mobilité d'au moins 18 semaines à l'étranger. Les enjeux énergétiques ne s'arrêtent pas aux frontières, et savoir travailler dans un contexte international fait partie du bagage attendu d'un ingénieur aujourd'hui. Enfin, la troisième année peut se faire en alternance, via un contrat de professionnalisation : une façon de financer sa fin d'études tout en s'immergeant durablement dans une entreprise, souvent avec une embauche à la clé.
Cette structure, qui alterne cours, stages, séjour à l'étranger et éventuelle alternance, fait que tu ne restes jamais longtemps coupé du monde professionnel. Pour un profil qui a besoin de concret pour rester motivé, c'est un vrai point fort.
Vers quels métiers et quels secteurs
Les débouchés suivent logiquement le contenu du cursus. Une première voie te mène vers la production et la distribution d'énergie, avec un rôle central dans l'intégration des renouvelables au sein du système électrique existant : c'est là que se joue concrètement la transition, chez les producteurs d'électricité et les gestionnaires de réseau. Une deuxième voie, plus tournée vers l'innovation, passe par la recherche et le développement technologique, pour concevoir les équipements et les solutions de demain.
D'autres diplômés s'orientent vers le conseil en durabilité énergétique, où ils accompagnent des entreprises et des collectivités dans leurs choix techniques et stratégiques. Enfin, certains rejoignent des fonctions liées aux politiques énergétiques, notamment dans l'administration publique, là où se décident les cadres et les priorités du secteur. Autant de chemins qui partagent une même finalité : rendre le système énergétique plus propre, plus fiable et plus efficace.
Énergie généraliste ou spécialité ?
Reste une question stratégique : ce cursus de spécialité, ou le cursus généraliste avec sa dominante Énergie ? Les deux mènent aux métiers de l'énergie, mais par des chemins différents. La spécialité est un diplôme autonome de trois ans, ciblé dès l'entrée, quand le généraliste te laisse choisir ta dominante seulement en 3e année, après un tronc commun plus large. Le premier convient si ta décision est prise, le second si tu préfères garder de la latitude et découvrir plusieurs domaines avant de trancher.
Pour comparer les voies d'accès à l'École et bien te positionner au concours, notre article Mines-Ponts ou CentraleSupélec fait le point. Et côté informatique, la dominante InfoNum complète le panorama des spécialisations. Quel que soit ton choix, tout se joue d'abord au concours Centrale-Supélec : c'est la préparation de la prépa qui ouvre la porte.



