Ingénierie du vivant, du climat et de l'alimentation : le double diplôme CentraleSupélec-AgroParisTech associe le profil généraliste aux sciences du vivant et de l'environnement. Deux diplômes d'ingénieur en quatre ans, sur un parcours alterné entre les deux écoles. Voici comment il fonctionne, quand candidater et à qui il s'adresse vraiment.
Une scolarité alternée sur 4 ans
Le principe est simple à retenir mais engage un an de plus que le cursus classique. Là où la formation d'ingénieur se déroule normalement en trois ans, ce double diplôme s'étale sur quatre ans, le temps d'aller chercher une seconde expertise sans rogner sur la première. Tu ne troques pas un diplôme contre un autre : tu ressors avec les deux, celui de CentraleSupélec et celui d'AgroParisTech.
Le parcours suit un schéma partagé par les doubles diplômes d'ingénieur de l'École. Tu commences par ta 1re année à CentraleSupélec, où tu poses les bases généralistes du cursus. Tu pars ensuite deux ans à AgroParisTech, en M1 puis en M2, sur le campus d'AgroParisTech, pour te former en profondeur aux sciences du vivant et de l'environnement. Tu reviens enfin à CentraleSupélec pour ta 3e année.
Ce retour n'a rien d'un simple passage administratif. Cette 3e année reste celle où tu choisis ta dominante et ta mention, exactement comme dans le cursus ingénieur classique. Autrement dit, le détour par AgroParisTech ne remplace pas la spécialisation de CentraleSupélec : il vient s'y ajouter. Tu boucles ton profil d'ingénieur généraliste avec, en plus, deux années d'immersion dans un autre domaine.
L'intérêt : ajouter aux compétences d'ingénieur généraliste une expertise en vivant, environnement et ressources, très demandée sur les enjeux de transition.
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Ce qu'apporte AgroParisTech
Les deux ans passés à AgroParisTech ne sont pas un vernis. C'est là que se construit la partie sciences du vivant, environnement et alimentation de ton profil, un champ qui va bien au-delà de l'agronomie au sens strict. On y parle de biologie appliquée, de gestion des ressources naturelles, d'eau, de sols, de forêts, de systèmes alimentaires et de la façon dont on les produit, les transforme et les préserve.
Ces sujets sont devenus centraux pour une raison simple : le climat et la transition ont besoin d'ingénieurs capables de raisonner sur le vivant autant que sur les systèmes techniques. Décarboner l'agriculture, sécuriser l'approvisionnement en eau, repenser la chaîne alimentaire ou faire émerger la bioéconomie, ce sont des chantiers qui mêlent modélisation, procédés et sciences biologiques. Un ingénieur généraliste qui maîtrise ces deux langages devient rare, et donc recherché.
C'est tout le sens de ce double diplôme : coller le sens de l'ingénierie généraliste de CentraleSupélec à une expertise que peu de cursus offrent avec ce niveau de spécialisation. Les profs Hadamard et les anciens taupins passés par CentraleSupélec, l'X et les ENS le résument souvent d'une phrase : ce n'est pas un supplément décoratif sur un CV, c'est un vrai second métier qui s'installe à côté du premier.
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Admission et calendrier
La candidature se prépare tôt dans la scolarité à CentraleSupélec. Le dossier se dépose au début du semestre 6, ce qui veut dire que la réflexion doit être mûre avant même d'y arriver : mieux vaut savoir dès la 1re année si ce croisement t'attire, plutôt que de le découvrir au moment de remplir le formulaire.
La procédure se fait en deux temps, et c'est logique puisque deux écoles sont concernées. Il y a d'abord une présélection par CentraleSupélec, puis une sélection par AgroParisTech. Concrètement, la candidature a lieu en février-mars et les résultats tombent début avril. Tu passes donc l'école partenaire après avoir franchi le premier filtre de la tienne.
Une année de césure reste possible dans le cadre de ce double diplôme, pour aller chercher une expérience en entreprise ou à l'étranger sans casser le fil du cursus. C'est un point à garder en tête si tu vises une insertion très concrète : quatre ans de scolarité, plus éventuellement une césure, cela demande de se projeter sur la durée et d'en discuter tôt.
Pour qui, et pour quels secteurs ?
Ce double diplôme parle d'abord aux élèves qui ne veulent pas choisir entre l'ingénierie généraliste et une vraie prise sur le vivant, l'environnement et l'alimentation. Si tu as fait ta prépa en te disant que les maths et la physique t'intéressaient autant que les questions de climat, de ressources ou de production alimentaire, c'est exactement le profil visé. Il faut surtout être prêt à s'engager sur un an de plus, en connaissance de cause.
Côté débouchés, le spectre est large parce que ces enjeux irriguent aujourd'hui de nombreux secteurs. On pense naturellement à l'agroalimentaire, mais aussi à l'énergie, au climat, à la gestion des ressources et plus largement à la bioéconomie, ces filières qui cherchent à produire de la valeur à partir du vivant sans l'épuiser. Un ingénieur capable de tenir les deux bouts y a une carte à jouer.
Ce n'est pas la seule façon de doubler son diplôme à CentraleSupélec. Sur un schéma proche, un an à l'École puis deux ans chez le partenaire avant le retour en 3e année, tu peux regarder du côté du double diplôme avec Arts et Métiers, plus orienté génie mécanique et industriel. Et si c'est l'international qui t'attire, découvre les doubles diplômes internationaux. Avant de te décider, il vaut souvent le coup d'en parler avec quelqu'un qui a vécu ces cursus de l'intérieur.



