Décrocher un master à l'EPFL, à la TUM ou à KTH en plus de son diplôme d'ingénieur : à CentraleSupélec, c'est un parcours balisé, pas une exception réservée à quelques dossiers hors normes. Membre fondateur du réseau T.I.M.E., l'École affiche près de 200 universités partenaires et 80 accords de double diplôme, ce qui la place parmi les écoles françaises les plus tournées vers l'international. Si tu vises l'École par les concours et que tu te demandes déjà à quoi ressemblera la fin de ton cursus, cette page t'explique comment fonctionnent le DD et le DDA, vers quelles destinations ils ouvrent, et à partir de quand la sélection se joue.
Pourquoi viser un double diplôme international
L'intérêt d'un double diplôme, ce n'est pas seulement d'ajouter une ligne prestigieuse à ton CV. Un diplôme d'ingénieur à la française et un master obtenu dans une grande université technique étrangère ne recouvrent pas exactement les mêmes compétences : la formation d'ingénieur mise sur une base scientifique très large et une capacité à passer d'un domaine à l'autre, là où un master étranger te fait souvent creuser une spécialité plus tôt et plus profondément. Cumuler les deux, c'est sortir avec une double compétence que peu de profils affichent, et une vraie légitimité dans deux systèmes académiques distincts.
Il y a aussi la dimension humaine, celle qui ne se lit pas sur un relevé de notes. Passer un à deux ans dans un autre pays, suivre des cours dans une autre langue, s'adapter à une autre façon de travailler et d'évaluer : c'est une expérience qui te transforme autant qu'elle te forme. Les recruteurs le savent, et un ingénieur qui a tenu la distance à l'étranger envoie un signal fort sur son autonomie et sa capacité à sortir de sa zone de confort.
Reste que ce n'est pas un choix anodin. Un double diplôme rallonge tes études, t'éloigne de tes repères et demande un anglais solide dès le départ. C'est exactement le genre d'arbitrage que les profs Hadamard et les anciens taupins passés par CentraleSupélec, l'X et les ENS aiment discuter avec les élèves : la question n'est pas seulement « est-ce que j'en suis capable », mais « est-ce que ça sert mon projet ». Avant de te décider, ça vaut le coup de comprendre en détail les deux formats que propose l'École.
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DD ou DDA : deux formats à ne pas confondre
À CentraleSupélec, un double diplôme international prend deux formes principales, et la nuance entre les deux change tout dans l'organisation de ta scolarité. Le double diplôme classique, le DD, remplace purement et simplement ta troisième année : tu pars à l'étranger et tu ne reviens pas terminer ton cursus sur le campus français. Le double diplôme alterné, le DDA, s'insère plus tôt et prévoit au contraire un retour à CentraleSupélec pour boucler ta dernière année. Le tableau ci-dessous résume l'essentiel avant d'entrer dans le détail.
| Format | Insertion | Durée |
|---|---|---|
| Double diplôme (DD) | Remplace la 3e année, pas de retour à CentraleSupélec. | 12 à 30 mois (≈ 16 en moyenne). |
| Double diplôme alterné (DDA) | Remplace la 2e année ou le S8, puis retour en 3e année. | ≈ 24 mois. |
Concrètement, le DD est le format le plus poussé et le plus long : il s'étale de 12 à 30 mois selon la formation visée, avec une moyenne qui tourne autour de 16 mois. Comme il se substitue à ta troisième année, il devient l'aboutissement de ton cursus d'ingénieur, et c'est le master étranger qui referme ton parcours. Le DDA, lui, dure généralement autour de 24 mois et s'organise différemment : tu pars à la place de ta deuxième année ou de ton semestre 8, puis tu reviens faire ta troisième année à CentraleSupélec. Tu retrouves donc le campus et ta promotion pour la dernière ligne droite, ce qui séduit les élèves qui ne veulent pas couper complètement les ponts avec la France.
Autre différence de taille : le DDA n'est proposé qu'avec quelques partenaires seulement, alors que le DD couvre l'essentiel du réseau. Parmi les destinations ouvertes en alterné, on trouve notamment le Politecnico di Milano en Italie, l'Universidad Politécnica de Madrid en Espagne et l'USP au Brésil. Si l'un de ces établissements te fait rêver, sache donc que tu peux y accéder sans renoncer à revenir terminer ton diplôme sur le sol français.
Quelques destinations phares
Avec près de 200 universités partenaires, la carte des destinations est trop large pour tenir sur une seule page. Le tableau ci-dessous n'en donne donc qu'un aperçu, à lire comme des exemples représentatifs et non comme la liste complète des accords. Il te permet surtout de voir que le réseau ne se limite pas à quelques noms iconiques : il couvre plusieurs grandes zones, chacune avec ses spécialités et sa culture d'ingénierie.
| Zone | Exemples d'universités |
|---|---|
| Suisse | EPFL, ETH Zürich |
| Allemagne | TU München, RWTH Aachen, TU Berlin, TU Darmstadt |
| Europe du Nord | KTH et Lund (Suède), NTNU (Norvège), DTU (Danemark) |
| Italie / Sud | Politecnico di Milano et Torino, IST Lisbonne, NTUA Athènes |
| Asie / Océanie | NUS (Singapour), KAIST (Corée), Tsinghua et SJTU (Chine), Tokyo et Keio (Japon), Melbourne (Australie) |
Derrière ces noms, les logiques diffèrent selon les pays. L'Allemagne et l'Europe du Nord attirent pour leurs écoles techniques réputées et leur lien étroit avec l'industrie, la Suisse pour l'excellence de ses deux polytechniques fédérales, l'Asie pour des établissements devenus incontournables sur la scène scientifique mondiale. À toi de croiser cette carte avec ta spécialité, la langue que tu maîtrises ou veux apprendre, et le type de carrière que tu envisages.
Le partenariat avec l'EPFL illustre bien la mécanique d'un double diplôme et mérite qu'on s'y arrête. Il s'agit d'un master : tu fais tes deux premières années de cycle ingénieur à CentraleSupélec, puis tu enchaînes deux ans de master à Lausanne, soit quatre ans au total. La candidature se dépose dès la deuxième année, et un anglais de niveau C1 est exigé à la sortie. C'est un bon rappel qu'un double diplôme ne se limite pas à un séjour d'échange : au bout, tu obtiens bel et bien un second diplôme complet, avec ses propres exigences de validation.
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Anglais, frais, calendrier
Premier point de passage obligé : l'anglais. Un test est demandé, le plus souvent un IELTS ou un TOEFL, deux certifications internationales qui mesurent ta capacité à suivre des cours et à travailler dans un environnement anglophone. Ce ne sont pas des examens qu'on prépare la veille : viser un bon score suppose de s'y prendre à l'avance, surtout si tes destinations exigent un niveau élevé. Et attention, certaines universités situées dans des pays non anglophones peuvent en plus réclamer des bases dans la langue locale, à anticiper dès que ta destination se précise.
Le calendrier, ensuite, surprend souvent les nouveaux arrivants. La sélection pour les doubles diplômes internationaux se joue dès la première année du cursus, et la campagne est encore plus anticipée pour un DDA. Autrement dit, le double diplôme se prépare bien avant le moment où tu partirais réellement : dès ton arrivée à CentraleSupélec, tu as intérêt à savoir si cette voie t'intéresse, à soigner ton dossier et à ne pas laisser filer les échéances.
Côté finances, la logique est plutôt favorable. Pendant ton double diplôme, tu continues de payer une partie des frais de scolarité de CentraleSupélec, de l'ordre de la moitié, et il n'y a pas de frais côté université partenaire. En revanche, les frais de vie à l'étranger, eux, restent à ta charge, et ils varient énormément d'un pays à l'autre. Un semestre à Zurich, à Singapour ou à Milan ne pèse pas du tout le même budget, un paramètre à intégrer très tôt dans ta réflexion.
Enfin, garde en tête que le double diplôme n'est pas la seule porte vers l'international. Une expérience à l'étranger d'au moins un semestre est de toute façon obligatoire dans le cursus depuis 2007 : chaque diplômé de CentraleSupélec est donc déjà passé par une mobilité. Le double diplôme est simplement la forme la plus poussée de cette exigence, pour celles et ceux qui veulent aller au bout de la démarche et repartir avec un second diplôme.
Comment te préparer et te décider
Puisque la sélection se joue dès la première année, tout se décide sur tes résultats une fois à l'École : ce sont tes notes de première année à CentraleSupélec, et non celles du concours, qui pèsent le jour où tu candidates. La prépa n'est donc pas le moment de bâtir ton dossier de double diplôme, mais celui où tu construis le niveau qui te rendra crédible ensuite : une aisance en sciences et un anglais entretenu plutôt que délaissé feront la différence une fois sur place. Beaucoup d'élèves regrettent d'avoir laissé leur anglais de côté en prépa et de devoir le rattraper dans l'urgence une fois à l'École.
Pour te décider, pose-toi les bonnes questions plutôt que de courir après le nom le plus prestigieux. Est-ce que tu veux rester proche de ta promotion et de la France, ou couper les amarres pour t'immerger totalement ? Préfères-tu revenir boucler ton cursus sur le campus, ce qui oriente vers un DDA, ou faire du master étranger l'aboutissement de tes études, ce qui pointe vers un DD ? Quelle spécialité veux-tu approfondir, et dans quel pays est-elle la mieux servie ? Ces réponses comptent davantage que le classement de l'université.
C'est aussi là qu'un regard extérieur aide. Les anciens taupins passés par CentraleSupélec, l'X et les ENS que côtoie l'équipe Hadamard connaissent la différence entre le double diplôme fantasmé et le double diplôme vécu, et ils savent poser les questions qui font gagner du temps. Si tu hésites encore entre partir à l'étranger, viser une double compétence en France ou renforcer d'abord ta dominante technique, mieux vaut en parler tôt.
Et si tu préfères la France ?
Partir à l'étranger n'est pas la seule façon de sortir de CentraleSupélec avec une double compétence. L'École propose aussi des doubles diplômes en France, qui répondent à d'autres projets. Côté management, tu peux compléter ton profil d'ingénieur par une école de commerce, avec l'ESSEC ou l'ESCP, une voie taillée pour ceux qui se voient à l'interface entre la technique et la stratégie. Côté ingénierie, d'autres accords élargissent ton spectre scientifique, comme ceux passés avec Arts et Métiers ou AgroParisTech.
Le point commun de toutes ces options, internationales ou nationales, c'est qu'elles se décident tôt et supposent d'abord d'intégrer l'École. Avant de choisir ta destination, il faut donc décrocher le concours. Pour situer CentraleSupélec parmi les autres cibles et affiner ta stratégie d'admission, notre article Mines-Ponts ou CentraleSupélec fait le point.



