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Nombres complexes : module, argument et forme exponentielle
Méthode
13 min

Nombres complexes : module, argument et forme exponentielle

Mohamed K.

Mohamed K.

Centralien · MPSI puis MP · Recherche ML santé

Un nombre complexe a trois visages : la forme algébrique a+iba + ib, la forme trigonométrique r(cosθ+isinθ)r(\cos\theta + i\sin\theta) et la forme exponentielle reiθre^{i\theta}. Savoir passer de l'une à l'autre, c'est là que tout se joue : la forme algébrique sert à additionner, la forme exponentielle à multiplier, élever à une puissance et prendre des racines. Le pivot entre les deux, ce sont le module et l'argument.

Cet article relie les trois écritures, démontre la forme exponentielle à partir de la formule d'Euler, déroule la formule de Moivre et les formules d'Euler, puis enchaîne les exercices corrigés du niveau maths expertes à la prépa. Nos profs Hadamard, anciens MPSI/PCSI passés par l'X, l'ENS et CentraleSupélec, voient chaque année les mêmes blocages sur l'argument et les puissances : on les désamorce un par un.

La forme algébrique et le module

On introduit un nombre ii vérifiant i2=1i^2 = -1. Un nombre complexe s'écrit alors de façon unique

z=a+ib,a,bR.z = a + ib, \qquad a, b \in \mathbb{R}.

Le réel a=Re(z)a = \operatorname{Re}(z) est la partie réelle, le réel b=Im(z)b = \operatorname{Im}(z) la partie imaginaire (attention : c'est le réel bb, pas ibib). On représente zz par le point MM de coordonnées (a,b)(a, b) dans un repère orthonormé : zz est l'affixe de MM, et le plan est appelé plan complexe.

Le conjugué de zz est z=aib\overline{z} = a - ib (symétrique de MM par rapport à l'axe des réels). Le module de zz est le réel positif

z=a2+b2=zz,|z| = \sqrt{a^2 + b^2} = \sqrt{z\,\overline{z}}\,,

c'est la distance OMOM de l'origine au point d'affixe zz. On vérifie directement zz=(a+ib)(aib)=a2+b2=z2z\,\overline{z} = (a+ib)(a-ib) = a^2 + b^2 = |z|^2, égalité qui sert en permanence.

L'idée à retenir. Le module est une longueur : toujours réel, toujours positif ou nul, et z=0|z| = 0 uniquement si z=0z = 0. Pour diviser par un complexe, on multiplie haut et bas par le conjugué : 1a+ib=aiba2+b2\dfrac{1}{a+ib} = \dfrac{a-ib}{a^2+b^2}. C'est le réflexe qui rend réel le dénominateur.

Argument et forme trigonométrique

Soit z0z \neq 0, de module r=zr = |z|. Le point MM d'affixe zz est à distance rr de l'origine : il est donc sur un cercle de rayon rr, repéré par un angle. Un argument de zz est une mesure θ\theta (en radians) de l'angle entre l'axe des réels et le vecteur OM\overrightarrow{OM}. On note θ=arg(z)\theta = \arg(z), défini modulo 2π2\pi.

En projetant MM sur les deux axes, on lit a=rcosθa = r\cos\theta et b=rsinθb = r\sin\theta. En reportant dans z=a+ibz = a + ib, on obtient la forme trigonométrique :

z=r(cosθ+isinθ),r=z,  θ=arg(z).z = r\bigl(\cos\theta + i\sin\theta\bigr), \qquad r = |z|,\ \ \theta = \arg(z).

Pour trouver θ\theta à partir de aa et bb, on résout le système

cosθ=ar,sinθ=br.\cos\theta = \frac{a}{r}, \qquad \sin\theta = \frac{b}{r}.

Règle d'or. Ne calcule jamais l'argument avec le seul tanθ=b/a\tan\theta = b/a : la tangente ne distingue pas θ\theta de θ+π\theta + \pi, tu te trompes d'un demi-tour une fois sur deux. Utilise les deux équations cosθ=a/r\cos\theta = a/r et sinθ=b/r\sin\theta = b/r : leur signe fixe le quadrant sans ambiguïté.

Les valeurs d'angles reviennent sans cesse (π/6\pi/6, π/4\pi/4, π/3\pi/3…) : avoir le cercle trigonométrique et ses valeurs remarquables en tête est indispensable pour lire un argument de tête.

Forme exponentielle · démonstration

On pose, par définition, la notation d'Euler pour tout réel θ\theta :

eiθ=cosθ+isinθ.e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta.

Ce n'est pas un caprice de notation : la fonction θcosθ+isinθ\theta \mapsto \cos\theta + i\sin\theta se comporte exactement comme une exponentielle. Vérifions la propriété qui justifie le symbole ee, la transformation d'un produit en somme des angles.

Étape 1, on multiplie. Pour deux réels θ\theta et θ\theta' :

(cosθ+isinθ)(cosθ+isinθ)=cosθcosθsinθsinθ+i(sinθcosθ+cosθsinθ).\bigl(\cos\theta + i\sin\theta\bigr)\bigl(\cos\theta' + i\sin\theta'\bigr) = \cos\theta\cos\theta' - \sin\theta\sin\theta' + i\bigl(\sin\theta\cos\theta' + \cos\theta\sin\theta'\bigr).

Étape 2, on reconnaît les formules d'addition. La partie réelle est cos(θ+θ)\cos(\theta+\theta'), la partie imaginaire sin(θ+θ)\sin(\theta+\theta'). Donc :

eiθeiθ=cos(θ+θ)+isin(θ+θ)=ei(θ+θ).e^{i\theta}\,e^{i\theta'} = \cos(\theta+\theta') + i\sin(\theta+\theta') = e^{i(\theta+\theta')}. \quad\blacksquare

La notation eiθe^{i\theta} respecte donc la règle exey=ex+ye^{x}e^{y} = e^{x+y} de l'exponentielle réelle. On peut alors écrire tout complexe non nul z=r(cosθ+isinθ)z = r(\cos\theta + i\sin\theta) sous forme exponentielle :

z=reiθ,r=z>0,  θ=arg(z).\boxed{\,z = r\,e^{i\theta}\,}, \qquad r = |z| > 0,\ \ \theta = \arg(z).

Lecture pédagogique. La forme exponentielle sépare proprement les deux informations d'un complexe : rr dit combien loin, θ\theta dit dans quelle direction. Tout le calcul devient limpide :

reiθ×reiθ=rrei(θ+θ),1reiθ=1reiθ,reiθ=reiθ.r\,e^{i\theta}\times r'\,e^{i\theta'} = rr'\,e^{i(\theta+\theta')}, \qquad \frac{1}{r\,e^{i\theta}} = \frac{1}{r}\,e^{-i\theta}, \qquad \overline{r\,e^{i\theta}} = r\,e^{-i\theta}.

Les modules se multiplient, les arguments s'additionnent. Une multiplication de complexes est une combinaison « agrandir + tourner ».

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Formules de Moivre et d'Euler

Deux formules découlent directement de eiθe^{i\theta}, et ce sont les plus rentables aux concours.

La formule de Moivre

En appliquant eiθeiθ=ei(θ+θ)e^{i\theta}e^{i\theta'} = e^{i(\theta+\theta')} à nn facteurs identiques, on obtient (eiθ)n=einθ\bigl(e^{i\theta}\bigr)^n = e^{in\theta} pour tout nZn \in \mathbb{Z}, soit :

(cosθ+isinθ)n=cos(nθ)+isin(nθ).\bigl(\cos\theta + i\sin\theta\bigr)^n = \cos(n\theta) + i\sin(n\theta).

C'est l'outil pour élever un complexe à une puissance : on passe en forme exponentielle, on élève le module à la puissance nn et on multiplie l'argument par nn. Développer (a+ib)n(a+ib)^n à la main est presque toujours une erreur de stratégie.

Les formules d'Euler

En additionnant et en soustrayant eiθ=cosθ+isinθe^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta et eiθ=cosθisinθe^{-i\theta} = \cos\theta - i\sin\theta, on isole cosinus et sinus :

cosθ=eiθ+eiθ2,sinθ=eiθeiθ2i.\cos\theta = \frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2}, \qquad \sin\theta = \frac{e^{i\theta} - e^{-i\theta}}{2i}.

Règle d'or. Moivre transforme une puissance d'angle (cosθ+isinθ)n(\cos\theta+i\sin\theta)^n en angle multiple ; les formules d'Euler transforment une puissance de cosinus/sinus cosnθ\cos^n\theta en somme d'angles multiples (c'est la linéarisation). Deux directions opposées, à ne pas confondre : Moivre pour cos(nθ)\cos(n\theta), Euler pour cosnθ\cos^n\theta.

L'exemple pivot : mettre 1+i1 + i sous forme exponentielle

Soit z=1+iz = 1 + i. On veut son écriture reiθr\,e^{i\theta}. La méthode tient en deux calculs : le module, puis l'argument.

Module. Ici a=1a = 1 et b=1b = 1, donc

r=z=12+12=2.r = |z| = \sqrt{1^2 + 1^2} = \sqrt{2}.

Argument. On résout le système avec r=2r = \sqrt{2} :

cosθ=12=22,sinθ=12=22.\cos\theta = \frac{1}{\sqrt{2}} = \frac{\sqrt{2}}{2}, \qquad \sin\theta = \frac{1}{\sqrt{2}} = \frac{\sqrt{2}}{2}.

Les deux valeurs sont positives et égales : le point est sur la première bissectrice, donc θ=π4\theta = \dfrac{\pi}{4}2π2\pi près). On dispose le calcul en tableau pour ne rien oublier :

GrandeurCalculRésultat
Module rr12+12\sqrt{1^2 + 1^2}2\sqrt{2}
cosθ\cos\thetaa/r=1/2a / r = 1/\sqrt{2}2/2\sqrt{2}/2
sinθ\sin\thetab/r=1/2b / r = 1/\sqrt{2}2/2\sqrt{2}/2
Argument θ\thetacos=sin>0\cos = \sin > 0π/4\pi/4

Conclusion : z=1+i=2eiπ/4z = 1 + i = \sqrt{2}\,e^{i\pi/4}. On vérifie en développant : 2(cosπ4+isinπ4)=2(22+i22)=1+i\sqrt{2}\bigl(\cos\frac{\pi}{4} + i\sin\frac{\pi}{4}\bigr) = \sqrt{2}\bigl(\frac{\sqrt{2}}{2} + i\frac{\sqrt{2}}{2}\bigr) = 1 + i. ✓

Le réflexe à acquérir. Une fois la forme exponentielle trouvée, redéveloppe en forme algébrique pour vérifier. Ce contrôle prend 15 secondes et attrape la faute la plus fréquente : l'argument pris dans le mauvais quadrant. Fais-le systématiquement en DS.

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Trois usages à maîtriser

1. Puissances avec Moivre

Pour (1+i)8(1+i)^{8}, on passe en exponentielle : 1+i=2eiπ/41 + i = \sqrt{2}\,e^{i\pi/4}. Par Moivre,

(1+i)8=(2)8ei8π/4=16ei2π=16.(1+i)^8 = \bigl(\sqrt{2}\bigr)^8 \, e^{i\,8\pi/4} = 16\,e^{i\,2\pi} = 16.

Huit multiplications évitées : la forme exponentielle réduit la puissance à une multiplication d'angle.

2. Linéarisation avec Euler

Pour intégrer ou étudier cosnθ\cos^n\theta, on le réécrit en somme de cosinus d'angles multiples grâce aux formules d'Euler (exercice 3 plus bas). Réflexe : cosn\cos^n ou sinn\sin^n à intégrer \Rightarrow Euler puis développement.

3. Géométrie : rotations et distances

Multiplier par eiαe^{i\alpha} revient à tourner d'un angle α\alpha autour de l'origine (module inchangé, argument +α+\,\alpha). La distance entre les points d'affixes zAz_A et zBz_B est zBzA|z_B - z_A|, et l'angle (AB,AC)\bigl(\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AC}\bigr) vaut arg ⁣zCzAzBzA\arg\!\dfrac{z_C - z_A}{z_B - z_A}. Le tableau résume les correspondances algèbre / géométrie.

Opération sur z=reiθz = re^{i\theta}Effet sur le module / l'argumentLecture géométrique
× z\times\ z' (produit)z×z|z|\times|z'|, argz+argz\arg z + \arg z'homothétie + rotation
× eiα\times\ e^{i\alpha}module inchangé, arg+α\arg + \alpharotation d'angle α\alpha
z\overline{z} (conjugué)même module, argarg\arg \to -\argsymétrie / axe réel
znz^n (puissance)zn|z|^n, n×argzn\times\arg zMoivre

5 erreurs classiques à éviter

Sur les copies de DS, de khôlles et de concours, les mêmes fautes reviennent autour des complexes. Nos profs Hadamard, anciens MPSI/PCSI passés par l'X, l'ENS et CentraleSupélec, les listent dès le chapitre pour les éliminer tout de suite.

  1. Confondre partie imaginaire et ibib. La partie imaginaire de z=a+ibz = a + ib est le réel bb, pas ibib. Im(35i)=5\operatorname{Im}(3 - 5i) = -5, pas 5i-5i.
  2. Trouver l'argument avec la seule tangente. tanθ=b/a\tan\theta = b/a ne distingue pas θ\theta de θ+π\theta + \pi. Sans les signes de cosθ\cos\theta et sinθ\sin\theta, tu te trompes de demi-tour. Passe toujours par le système complet.
  3. Oublier que l'argument est défini modulo 2π2\pi. Un complexe non nul a une infinité d'arguments, tous égaux à 2π2\pi près. Écrire « arg(z)=π/4\arg(z) = \pi/4 » sans le « [2π][2\pi] » coûte des points en rédaction rigoureuse. Et z=0z = 0 n'a pas d'argument.
  4. Développer (a+ib)n(a+ib)^n au binôme. Techniquement possible, stratégiquement suicidaire dès n3n \geq 3. Passe en forme exponentielle et applique Moivre.
  5. Se tromper de signe sur le conjugué d'un produit. On a zz=zz\overline{z z'} = \overline{z}\,\overline{z'} et z+z=z+z\overline{z + z'} = \overline{z} + \overline{z'} : le conjugué se distribue. Mais zz\overline{z} \neq -z en général, et z2=zz|z|^2 = z\overline{z}, pas z2z^2.

4 exercices corrigés · maths expertes → MPSI

Exercice 1, forme exponentielle · niveau maths expertes

Énoncé. Mettre z=1+i3z = -1 + i\sqrt{3} sous forme exponentielle.

Solution. Module : r=(1)2+(3)2=1+3=2r = \sqrt{(-1)^2 + (\sqrt{3})^2} = \sqrt{1 + 3} = 2. Argument : cosθ=12\cos\theta = -\tfrac{1}{2} et sinθ=32\sin\theta = \tfrac{\sqrt{3}}{2}. Le cosinus est négatif, le sinus positif : θ\theta est dans le deuxième quadrant, donc θ=2π3\theta = \tfrac{2\pi}{3}. Ainsi :

z=1+i3=2ei2π/3.z = -1 + i\sqrt{3} = 2\,e^{i\,2\pi/3}.

Exercice 2, puissance par Moivre · niveau maths expertes

Énoncé. Calculer (1+i3)6\bigl(1 + i\sqrt{3}\bigr)^{6}.

Solution. On met en forme exponentielle : r=1+3=2r = \sqrt{1 + 3} = 2, cosθ=12\cos\theta = \tfrac{1}{2}, sinθ=32\sin\theta = \tfrac{\sqrt{3}}{2}, donc θ=π3\theta = \tfrac{\pi}{3} et 1+i3=2eiπ/31 + i\sqrt{3} = 2\,e^{i\pi/3}. Par Moivre :

(1+i3)6=26ei6π/3=64ei2π=64.\bigl(1 + i\sqrt{3}\bigr)^{6} = 2^{6}\,e^{i\,6\pi/3} = 64\,e^{i\,2\pi} = 64.

Le résultat est un réel : cohérent, car l'argument 6×π3=2π6 \times \tfrac{\pi}{3} = 2\pi ramène sur l'axe réel positif.

Exercice 3, linéarisation par Euler · niveau maths expertes / MPSI

Énoncé. Linéariser cos3θ\cos^3\theta, c'est-à-dire l'écrire comme somme de cosinus d'angles multiples.

Solution. Formule d'Euler puis développement du cube :

cos3θ=(eiθ+eiθ2)3=18(e3iθ+3eiθ+3eiθ+e3iθ).\cos^3\theta = \left(\frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2}\right)^{3} = \frac{1}{8}\Bigl(e^{3i\theta} + 3e^{i\theta} + 3e^{-i\theta} + e^{-3i\theta}\Bigr).

On regroupe les termes conjugués via eix+eix=2cosxe^{ix} + e^{-ix} = 2\cos x :

cos3θ=18(2cos3θ+6cosθ)=cos3θ+3cosθ4.\cos^3\theta = \frac{1}{8}\bigl(2\cos 3\theta + 6\cos\theta\bigr) = \frac{\cos 3\theta + 3\cos\theta}{4}.

Vérification en θ=0\theta = 0 : membre de gauche cos30=1\cos^3 0 = 1 ; membre de droite 1+34=1\tfrac{1 + 3}{4} = 1. ✓

Exercice 4, racines cubiques de l'unité · niveau MPSI

Énoncé. Résoudre z3=1z^3 = 1 dans C\mathbb{C}, puis montrer que la somme des solutions est nulle.

Solution. On cherche z=reiθz = r e^{i\theta} avec z3=1=1ei0z^3 = 1 = 1\cdot e^{i\,0}. Par Moivre, z3=r3e3iθz^3 = r^3 e^{3i\theta}. L'égalité des modules donne r3=1r^3 = 1, soit r=1r = 1 (r>0r > 0). L'égalité des arguments donne 3θ=0+2kπ3\theta = 0 + 2k\pi, soit θ=2kπ3\theta = \tfrac{2k\pi}{3}, kZk \in \mathbb{Z}. Trois valeurs distinctes modulo 2π2\pi, pour k=0,1,2k = 0, 1, 2 :

z0=1,z1=ei2π/3=12+i32,z2=ei4π/3=12i32.z_0 = 1, \qquad z_1 = e^{i\,2\pi/3} = -\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2}, \qquad z_2 = e^{i\,4\pi/3} = -\frac{1}{2} - i\frac{\sqrt{3}}{2}.

Ce sont les racines cubiques de l'unité ; on note souvent j=ei2π/3j = e^{i\,2\pi/3}, de sorte que les solutions sont 11, jj et j2j^2. Leur somme :

1+j+j2=1+(12+i32)+(12i32)=0.1 + j + j^2 = 1 + \left(-\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2}\right) + \left(-\frac{1}{2} - i\frac{\sqrt{3}}{2}\right) = 0. \quad \square

Plus généralement, les nn racines nn-ièmes de l'unité sont les e2ikπ/ne^{2ik\pi/n}, sommets d'un polygone régulier et de somme nulle dès n2n \geq 2. C'est un grand classique des premiers chapitres du programme MPSI en maths, où les complexes servent de terrain d'entraînement à la rigueur.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois écritures d'un même complexe : algébrique a+iba + ib, trigonométrique r(cosθ+isinθ)r(\cos\theta + i\sin\theta), exponentielle reiθr\,e^{i\theta}.
  • Module r=z=a2+b2r = |z| = \sqrt{a^2 + b^2} (une distance) et argument θ=arg(z)\theta = \arg(z) (un angle, modulo 2π2\pi, indéfini en 00).
  • Argument : toujours par le système cosθ=a/r\cos\theta = a/r, sinθ=b/r\sin\theta = b/r, jamais par la tangente seule.
  • Euler : eiθ=cosθ+isinθe^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta, d'où cosθ=eiθ+eiθ2\cos\theta = \tfrac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2} et sinθ=eiθeiθ2i\sin\theta = \tfrac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2i} (linéarisation).
  • Moivre : (cosθ+isinθ)n=cosnθ+isinnθ(\cos\theta + i\sin\theta)^n = \cos n\theta + i\sin n\theta (puissances et racines).
  • Le réflexe : modules qui se multiplient, arguments qui s'additionnent. Un produit, c'est agrandir plus tourner.

Les complexes ne sont pas une curiosité de fin d'année : ils reviennent en physique (signaux, impédances), en algèbre (équations polynomiales), en géométrie (rotations) et fondent des pans entiers du programme de prépa. Les solidifier maintenant, c'est s'épargner des heures de blocage en Sup.

Pour situer ce chapitre dans le parcours, vois notre article sur l'option maths expertes et son intérêt avant la MPSI, ainsi que le détail du programme de maths et physique en Terminale spécialité.

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