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Raisonnement par récurrence : méthode et exercices corrigés
Méthode
11 min

Raisonnement par récurrence : méthode et exercices corrigés

Mohamed K.

Mohamed K.

Centralien · MPSI puis MP · Recherche ML santé

Le raisonnement par récurrence est la technique pour prouver qu'une propriété est vraie pour une infinité d'entiers d'un seul coup. Une formule de somme, une inégalité, une divisibilité, le terme général d'une suite : dès que ça dépend d'un entier nn et que tu ne peux pas vérifier « à la main » tous les cas, la récurrence est ton outil.

Cet article te donne tout : le principe (pourquoi ça marche, l'image des dominos), la rédaction type en 3 étapes que tu dois reproduire sans jamais improviser, le rôle central de l'hérédité, les pièges qui coûtent des points au bac et en khôlle, un aperçu de la récurrence double et forte pour la prépa, et 4 exercices corrigés du lycée à la Sup. Nos profs Hadamard, anciens MPSI/PCSI passés par l'X, l'ENS et CentraleSupélec, voient revenir les mêmes maladresses de rédaction chaque année, on les liste pour que tu les évites d'entrée.

Le principe : l'axiome de récurrence

On dispose d'une propriété P(n)P(n) qui dépend d'un entier nn, et d'un rang de départ n0n_0 (souvent 00 ou 11). Le principe de récurrence affirme :

(P(n0) vraie)   et   (nn0,  P(n)P(n+1))        nn0,  P(n) vraie.\Bigl(P(n_0) \text{ vraie}\Bigr) \;\text{ et }\; \Bigl(\forall n \geq n_0,\; P(n) \Rightarrow P(n+1)\Bigr) \;\;\Longrightarrow\;\; \forall n \geq n_0,\; P(n) \text{ vraie}.

En clair : si la propriété est vraie au premier rang, et si « vraie au rang nn » entraîne toujours « vraie au rang n+1n+1 », alors elle est vraie à tous les rangs à partir de n0n_0. Ce n'est pas un théorème qu'on démontre en Terminale : c'est un axiome, une propriété fondamentale des entiers naturels, admise.

L'image à retenir : les dominos. Imagine une file infinie de dominos. Tu veux qu'ils tombent tous. Il te faut deux choses, et deux seulement : pousser le premier (initialisation), et garantir que chaque domino qui tombe fait tomber le suivant (hérédité). Si l'une des deux manque, la file ne tombe pas. C'est exactement la structure d'une récurrence.

Cette image explique pourquoi les deux étapes sont indissociables. Un premier domino poussé mais pas d'enchaînement : rien ne tombe après. Un enchaînement parfait mais personne pour pousser le premier : rien ne tombe du tout. Garde cette image en tête, elle t'évitera l'erreur numéro un.

La rédaction type en 3 étapes

Une récurrence bien rédigée suit toujours le même squelette. Les correcteurs attendent ces trois étapes explicitement nommées. Ne les saute jamais, même quand la propriété te paraît évidente.

Règle d'or. Commence par écrire noir sur blanc : « Pour nn0n \geq n_0, notons P(n)P(n) la propriété : … ». Tant que P(n)P(n) n'est pas définie proprement, tu ne peux ni l'initialiser ni la supposer. La moitié des points perdus en récurrence vient d'un P(n)P(n) jamais énoncé clairement.

Les trois étapes, dans l'ordre :

ÉtapeCe qu'on faitCe qu'on écrit
1. InitialisationVérifier P(n0)P(n_0)« P(n0)P(n_0) est vraie car … »
2. HéréditéSupposer P(n)P(n), prouver P(n+1)P(n+1)« Soit nn0n \geq n_0 tel que P(n)P(n) soit vraie. Montrons P(n+1)P(n+1)… »
3. ConclusionInvoquer le principe« Par récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout nn0n \geq n_0. »

Trois étapes, trois paragraphes. La phrase de l'étape 2, « Soit nn0n \geq n_0 tel que P(n)P(n) soit vraie », s'appelle l'hypothèse de récurrence. C'est ta munition : tu as le droit de t'en servir, et de rien d'autre.

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L'hérédité, le cœur du raisonnement

L'hérédité est l'étape où tout se joue. On y démontre l'implication P(n)P(n+1)P(n) \Rightarrow P(n+1). Concrètement, on suppose P(n)P(n) vraie (l'hypothèse de récurrence), et on doit fabriquer P(n+1)P(n+1) à partir de là.

La technique universelle : écris ce que tu veux prouver (P(n+1)P(n+1)), puis fais apparaître le rang nn pour brancher l'hypothèse de récurrence. Le pont entre le rang nn et le rang n+1n+1 est presque toujours le même geste :

  • Somme : on isole le dernier terme. k=0n+1=(k=0n)+(terme n+1)\displaystyle\sum_{k=0}^{n+1} = \left(\sum_{k=0}^{n}\right) + (\text{terme } n+1), et le paquet de gauche se remplace par l'hypothèse.
  • Suite récurrente un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) : on applique ff à l'encadrement ou à l'égalité donnée par P(n)P(n).
  • Puissance : on factorise. an+1=aana^{n+1} = a \cdot a^{n}, et ana^n se contrôle par l'hypothèse.
  • Divisibilité : on écrit l'hypothèse sous forme An=dkA_n = d \cdot k, puis on exprime An+1A_{n+1} en fonction de AnA_n.

Lecture pédagogique. L'hypothèse de récurrence n'est pas ce que tu cherches à prouver pour un nn fixé donné, c'est un outil que tu t'autorises. Beaucoup d'élèves bloquent parce qu'ils croient « tricher » en supposant P(n)P(n). Non : c'est le mécanisme même de la récurrence. Tu ne supposes pas le résultat final, tu supposes un maillon pour en déduire le suivant.

Si tu n'arrives pas à faire apparaître le rang nn dans ton expression de P(n+1)P(n+1), c'est le signal que tu n'utilises pas ton hypothèse. Une hérédité qui ne mobilise jamais l'hypothèse de récurrence est fausse : tu as prouvé P(n+1)P(n+1) tout seul, donc soit c'est une récurrence inutile, soit tu t'es trompé quelque part.

L'exemple pivot : la somme des entiers

Démontrons la formule reine, celle que tu retrouveras partout : pour tout entier n1n \geq 1,

1+2+3++n  =  k=1nk  =  n(n+1)2.1 + 2 + 3 + \cdots + n \;=\; \sum_{k=1}^{n} k \;=\; \frac{n(n+1)}{2}.

Définition de la propriété. Pour n1n \geq 1, notons P(n)P(n) la propriété : k=1nk=n(n+1)2\displaystyle\sum_{k=1}^{n} k = \frac{n(n+1)}{2}.

Étape 1, Initialisation. Pour n=1n = 1 : le membre de gauche vaut 11, le membre de droite vaut 1×22=1\frac{1 \times 2}{2} = 1. Les deux coïncident, donc P(1)P(1) est vraie.

Étape 2, Hérédité. Soit n1n \geq 1 tel que P(n)P(n) soit vraie. On suppose donc k=1nk=n(n+1)2\displaystyle\sum_{k=1}^{n} k = \frac{n(n+1)}{2}. Montrons P(n+1)P(n+1), c'est-à-dire k=1n+1k=(n+1)(n+2)2\displaystyle\sum_{k=1}^{n+1} k = \frac{(n+1)(n+2)}{2}. On isole le dernier terme :

k=1n+1k  =  (k=1nk)hypotheˋse+(n+1)  =  n(n+1)2+(n+1).\sum_{k=1}^{n+1} k \;=\; \underbrace{\left(\sum_{k=1}^{n} k\right)}_{\text{hypothèse}} + (n+1) \;=\; \frac{n(n+1)}{2} + (n+1).

On met au même dénominateur et on factorise par (n+1)(n+1) :

n(n+1)2+(n+1)  =  n(n+1)+2(n+1)2  =  (n+1)(n+2)2.\frac{n(n+1)}{2} + (n+1) \;=\; \frac{n(n+1) + 2(n+1)}{2} \;=\; \frac{(n+1)(n+2)}{2}.

C'est exactement P(n+1)P(n+1). L'hérédité est établie.

Étape 3, Conclusion. P(1)P(1) est vraie et PP est héréditaire, donc par le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout n1n \geq 1.

Le réflexe à acquérir. Dans l'hérédité, avant de te lancer, écris en clair le but P(n+1)P(n+1) quelque part sur ta copie. Tu sais alors exactement où tu veux arriver, et l'algèbre devient un simple « faire coïncider départ et arrivée ». Sans cette cible écrite, on tourne en rond.

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Récurrence double et récurrence forte · cap prépa

La récurrence simple suffit au lycée dans l'immense majorité des cas. En prépa (MPSI, PCSI, MP2I), deux variantes deviennent incontournables dès qu'une suite dépend de plusieurs termes précédents.

Récurrence double

Quand un+2u_{n+2} se calcule à partir de un+1u_{n+1} et unu_n (relation d'ordre 2), un seul maillon ne suffit pas. On initialise deux rangs (P(n0)P(n_0) et P(n0+1)P(n_0+1)), et l'hérédité suppose P(n)P(n) et P(n+1)P(n+1) pour en déduire P(n+2)P(n+2).

Récurrence forte

Ici l'hypothèse est plus riche : on suppose P(k)P(k) vraie pour tous les rangs kk de n0n_0 à nn, et on en déduit P(n+1)P(n+1). Utile quand le passage au rang suivant a besoin d'un rang antérieur quelconque, pas seulement du précédent (existence d'un diviseur premier, décomposition en produit de facteurs premiers…).

TypeInitialisationHypothèse de récurrenceQuand l'utiliser
SimpleP(n0)P(n_0)P(n)P(n)Sommes, inégalités, un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n)
DoubleP(n0)P(n_0) et P(n0+1)P(n_0+1)P(n)P(n) et P(n+1)P(n+1)Suites d'ordre 2 : un+2=aun+1+bunu_{n+2}=a\,u_{n+1}+b\,u_n
ForteP(n0)P(n_0)P(k)P(k) pour tout n0knn_0 \leq k \leq nArithmétique, décompositions, un rang antérieur quelconque

Ces variantes sont un classique de la première semaine de Sup. Elles figurent dans notre panorama du programme de maths en MPSI, où la récurrence structure tout le chapitre sur les suites et l'arithmétique.

5 erreurs classiques à éviter

Sur les copies de bac, de DS et de khôlles, ce sont toujours les mêmes fautes qui coûtent des points. Nos profs Hadamard, anciens taupins passés par l'X et CentraleSupélec, les traquent dès les premières rédactions de leurs élèves.

  1. Oublier l'initialisation. L'erreur reine. Une propriété peut être héréditaire et fausse partout (voir l'exercice 4). Sans le premier domino, tu n'as rien prouvé, quelle que soit la beauté de ton hérédité.
  2. Confondre hypothèse et conclusion. Écrire « supposons P(n+1)P(n+1) » au lieu de « supposons P(n)P(n), montrons P(n+1)P(n+1) ». On suppose le rang nn, on démontre le rang n+1n+1. Jamais l'inverse.
  3. Ne pas utiliser l'hypothèse de récurrence. Si ton calcul d'hérédité ne branche jamais P(n)P(n), c'est un signal d'alarme : soit la récurrence est inutile, soit tu t'es trompé de méthode. L'hypothèse doit servir.
  4. Oublier de définir P(n)P(n). Se lancer dans les calculs sans avoir écrit « notons P(n)P(n) la propriété… ». Le correcteur ne sait plus ce que tu inities ni ce que tu supposes. Toujours nommer la propriété d'abord.
  5. Initialiser au mauvais rang. Une inégalité vraie seulement à partir de n=4n = 4 ne s'initialise pas à n=0n = 0. Repère le vrai rang de départ n0n_0 avant de rédiger, sinon l'initialisation échoue et tout s'effondre.

4 exercices corrigés · Terminale → MPSI

Exercice 1, Somme des carrés · niveau Terminale

Énoncé. Montrer que pour tout n1n \geq 1, k=1nk2=n(n+1)(2n+1)6\displaystyle\sum_{k=1}^{n} k^2 = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6}.

Solution. Notons P(n)P(n) cette égalité. Initialisation : pour n=1n=1, à gauche 11, à droite 1236=1\frac{1 \cdot 2 \cdot 3}{6} = 1. P(1)P(1) vraie. Hérédité : soit n1n \geq 1 tel que P(n)P(n) soit vraie. On isole le dernier terme :

k=1n+1k2=n(n+1)(2n+1)6+(n+1)2=n(n+1)(2n+1)+6(n+1)26.\sum_{k=1}^{n+1} k^2 = \frac{n(n+1)(2n+1)}{6} + (n+1)^2 = \frac{n(n+1)(2n+1) + 6(n+1)^2}{6}.

On factorise par (n+1)(n+1) au numérateur : (n+1)[n(2n+1)+6(n+1)]=(n+1)(2n2+7n+6)=(n+1)(n+2)(2n+3)(n+1)\bigl[n(2n+1) + 6(n+1)\bigr] = (n+1)(2n^2 + 7n + 6) = (n+1)(n+2)(2n+3). D'où :

k=1n+1k2=(n+1)(n+2)(2n+3)6=(n+1)((n+1)+1)(2(n+1)+1)6,\sum_{k=1}^{n+1} k^2 = \frac{(n+1)(n+2)(2n+3)}{6} = \frac{(n+1)\bigl((n+1)+1\bigr)\bigl(2(n+1)+1\bigr)}{6},

ce qui est P(n+1)P(n+1). Conclusion : par récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout n1n \geq 1.

Exercice 2, Inégalité · niveau Terminale, initialisation décalée

Énoncé. Montrer que pour tout entier n4n \geq 4, 2nn22^n \geq n^2.

Solution. Notons P(n)P(n) : 2nn22^n \geq n^2. Initialisation au rang 4 (et pas 0 : l'inégalité est fausse pour n=3n = 3, où 8<98 < 9) : pour n=4n = 4, 24=162^4 = 16 et 42=164^2 = 16, donc 161616 \geq 16, P(4)P(4) vraie. Hérédité : soit n4n \geq 4 tel que 2nn22^n \geq n^2. Alors :

2n+1=22n2n2.2^{n+1} = 2 \cdot 2^n \geq 2n^2.

Il reste à montrer 2n2(n+1)22n^2 \geq (n+1)^2, soit 2n2n2+2n+12n^2 \geq n^2 + 2n + 1, c'est-à-dire n22n10n^2 - 2n - 1 \geq 0. Pour n4n \geq 4, n22n1=n(n2)14×21=7>0n^2 - 2n - 1 = n(n-2) - 1 \geq 4 \times 2 - 1 = 7 > 0. Donc 2n+12n2(n+1)22^{n+1} \geq 2n^2 \geq (n+1)^2, ce qui est P(n+1)P(n+1).

Conclusion : par récurrence, 2nn22^n \geq n^2 pour tout n4n \geq 4. Retiens l'idée : le rang de départ n'est pas toujours 00, on cale l'initialisation là où la propriété commence à être vraie.

Exercice 3, Divisibilité · niveau Terminale / MPSI

Énoncé. Montrer que pour tout n0n \geq 0, 4n14^n - 1 est divisible par 33.

Solution. Notons P(n)P(n) : « 33 divise 4n14^n - 1 ». Initialisation : pour n=0n = 0, 401=0=3×04^0 - 1 = 0 = 3 \times 0, divisible par 33. P(0)P(0) vraie. Hérédité : soit n0n \geq 0 tel que P(n)P(n) soit vraie, c'est-à-dire 4n1=3k4^n - 1 = 3k pour un certain entier kk, donc 4n=3k+14^n = 3k + 1. Alors :

4n+11=44n1=4(3k+1)1=12k+3=3(4k+1).4^{n+1} - 1 = 4 \cdot 4^n - 1 = 4(3k + 1) - 1 = 12k + 3 = 3(4k + 1).

Comme 4k+14k + 1 est entier, 33 divise 4n+114^{n+1} - 1 : P(n+1)P(n+1) est vraie. Conclusion : par récurrence, 33 divise 4n14^n - 1 pour tout n0n \geq 0. Le geste clé : écrire l'hypothèse sous la forme 4n=3k+14^n = 3k + 1 pour faire entrer le rang nn dans le calcul du rang n+1n+1.

Exercice 4, Le contre-exemple qui prouve l'utilité de l'initialisation

Énoncé. On considère la propriété Q(n)Q(n) : « 33 divise 4n+14^n + 1 ». Montrer que QQ est héréditaire, puis qu'elle est pourtant fausse pour tout nn. Que conclure ?

Solution. Hérédité : supposons Q(n)Q(n), soit 4n+1=3k4^n + 1 = 3k, donc 4n=3k14^n = 3k - 1. Alors :

4n+1+1=44n+1=4(3k1)+1=12k3=3(4k1).4^{n+1} + 1 = 4 \cdot 4^n + 1 = 4(3k - 1) + 1 = 12k - 3 = 3(4k - 1).

Donc Q(n)Q(n+1)Q(n) \Rightarrow Q(n+1) : la propriété est bien héréditaire. Pourtant elle est fausse partout : 41 [3]4 \equiv 1 \ [3], donc 4n1 [3]4^n \equiv 1 \ [3], d'où 4n+12 [3]4^n + 1 \equiv 2 \ [3], jamais divisible par 33. Aucune valeur de nn ne vérifie Q(n)Q(n).

La leçon. Une propriété peut avoir une hérédité parfaitement valide et être fausse à tous les rangs. Ce qui manque à QQ, c'est l'initialisation : aucun premier domino ne tombe, donc la chaîne d'implications ne démarre jamais. C'est la preuve définitive que l'initialisation n'est pas une formalité : sans elle, on ne prouve rien du tout.

Ce qu'il faut retenir

  • Le principe : initialisation + hérédité \Rightarrow propriété vraie pour tout nn0n \geq n_0. L'image des dominos, indissociable.
  • Les 3 étapes : définir P(n)P(n), initialiser au bon rang, prouver l'hérédité P(n)P(n+1)P(n) \Rightarrow P(n+1), conclure.
  • L'hérédité : on suppose P(n)P(n) (hypothèse de récurrence), on écrit le but P(n+1)P(n+1), on fait apparaître le rang nn pour brancher l'hypothèse.
  • Les variantes prépa : récurrence double (deux initialisations, hypothèse sur nn et n+1n+1), récurrence forte (hypothèse de n0n_0 à nn).
  • Les pièges : initialisation oubliée ou mal calée, hypothèse et conclusion inversées, hypothèse jamais utilisée, P(n)P(n) non défini.
  • La preuve par l'absurde de l'utilité : « 4n+14^n+1 divisible par 33 » est héréditaire mais fausse partout. Sans initialisation, rien n'est prouvé.

La récurrence n'est pas qu'un exercice de Terminale : c'est le réflexe de démonstration sur les entiers, que tu réutiliseras sans arrêt en prépa pour les suites, l'arithmétique, les matrices ou l'analyse. La maîtriser proprement dès le lycée, c'est se donner une base solide pour tout le reste. Elle va d'ailleurs de pair avec le travail d'apprentissage des démonstrations du cours par cœur, où la rédaction rigoureuse fait la différence.

Pour t'entraîner, applique la méthode aux formules classiques des suites arithmétiques et géométriques, terrain de jeu naturel de la récurrence, et resitue-la dans le programme de spécialité maths de Terminale.

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