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Électromagnétisme : les équations de Maxwell
Méthode
12 min

Électromagnétisme : les équations de Maxwell

Mohamed K.

Mohamed K.

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Les équations de Maxwell sont le sommet de l'électromagnétisme de prépa : quatre équations locales suffisent à décrire tous les phénomènes électriques et magnétiques, du condensateur qui se charge à la lumière qui traverse le vide. Là où le lycée juxtaposait des lois isolées (Gauss, Ampère, Faraday), la Spé les unifie et révèle leur cohérence, jusqu'à faire surgir la vitesse de la lumière d'un simple calcul.

Les champs et leurs sources

Une distribution de charges et de courants crée en tout point de l'espace un champ électromagnétique, décrit par deux champs de vecteurs : le champ électrique E⃗(M,t)\vec{E}(M, t) et le champ magnétique B⃗(M,t)\vec{B}(M, t). Leur effet sur une charge test qq animée d'une vitesse v⃗\vec{v} se lit dans la force de Lorentz :

F⃗=q(E⃗+v⃗∧B⃗).\vec{F} = q\bigl(\vec{E} + \vec{v} \wedge \vec{B}\bigr).

Les sources de ces champs sont décrites par deux grandeurs locales : la densité volumique de charge ρ\rho (en C·m⁻³) et le vecteur densité de courant j⃗\vec{j} (en A·m⁻²). Elles ne sont pas indépendantes : la charge se conserve, ce qu'exprime l'équation de conservation

div⁡j⃗+∂ρ∂t=0.\operatorname{div}\vec{j} + \frac{\partial \rho}{\partial t} = 0.

L'idée à retenir. Les équations de Maxwell forment un système : elles relient les champs E⃗\vec{E} et B⃗\vec{B} à leurs sources ρ\rho et j⃗\vec{j}, mais aussi les deux champs entre eux. Deux constantes fondamentales y interviennent, la permittivité du vide ε0≈8,85×10−12\varepsilon_0 \approx 8{,}85 \times 10^{-12} F·m⁻¹ et la perméabilité du vide μ0=4π×10−7\mu_0 = 4\pi \times 10^{-7} H·m⁻¹. Retiens dès maintenant leur produit : ε0μ0=1/c2\varepsilon_0 \mu_0 = 1/c^2.

Maxwell-Gauss : le champ électrique et les charges

La première équation, dite de Maxwell-Gauss, relie le champ électrique à la densité de charge présente au point considéré :

div⁡E⃗=ρε0.\operatorname{div}\vec{E} = \frac{\rho}{\varepsilon_0}.

C'est la forme locale du théorème de Gauss. La divergence mesure le caractère « source » ou « puits » d'un champ en un point : là où ρ>0\rho > 0 (charge positive), les lignes de champ divergent, elles naissent ; là où ρ<0\rho < 0, elles convergent, elles se terminent. Dans une région sans charge (ρ=0\rho = 0), le champ électrique est à flux conservatif.

Interprétation physique. Maxwell-Gauss dit que les charges sont les sources scalaires du champ électrique. En intégrant sur un volume et en appliquant le théorème de Green-Ostrogradski, on retrouve le théorème de Gauss sous sa forme intégrale : le flux de E⃗\vec{E} à travers une surface fermée vaut Qint/ε0Q_{\text{int}}/\varepsilon_0. La version locale est simplement plus fine : elle est vraie en chaque point.

Maxwell-flux : pas de charge magnétique

La deuxième équation, dite de Maxwell-flux (ou Maxwell-Thomson), est la plus courte et l'une des plus profondes :

div⁡B⃗=0.\operatorname{div}\vec{B} = 0.

Le champ magnétique est donc à flux conservatif partout, sans exception. Contrairement au champ électrique, il n'a ni source ni puits : ses lignes de champ ne peuvent ni commencer ni finir quelque part, elles se referment toujours sur elles-mêmes.

Interprétation physique. Cette équation traduit l'absence de monopôle magnétique : il n'existe pas de « charge magnétique » isolée équivalente à la charge électrique. On ne peut pas séparer le pôle nord et le pôle sud d'un aimant. C'est pour cela que le second membre est nul, alors que celui de Maxwell-Gauss contient ρ\rho. Conséquence pratique : le flux de B⃗\vec{B} à travers toute surface fermée est nul.

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Maxwell-Faraday : l'induction

La troisième équation, dite de Maxwell-Faraday, couple pour la première fois les deux champs. Un champ magnétique variable dans le temps engendre un champ électrique dont le rotationnel n'est pas nul :

rot⁡E⃗=−∂B⃗∂t.\operatorname{rot}\vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}.

Le rotationnel mesure la tendance d'un champ à « tourner » autour d'un point. Ici, un B⃗\vec{B} qui varie crée un champ électrique à circulation non nulle, capable de mettre des charges en mouvement le long d'une boucle : c'est l'origine microscopique de la force électromotrice induite. C'est la version locale de la loi de Faraday, elle-même au cœur de l'induction électromagnétique et des lois de Lenz-Faraday.

Interprétation physique. En régime stationnaire, ∂B⃗/∂t=0⃗\partial \vec{B}/\partial t = \vec{0}, donc rot⁡E⃗=0⃗\operatorname{rot}\vec{E} = \vec{0} : le champ électrostatique dérive alors d'un potentiel E⃗=−grad⁡V\vec{E} = -\operatorname{grad} V. Dès que le champ magnétique varie, cette propriété tombe : le champ électrique n'est plus purement de gradient, il acquiert une composante à circulation, celle qui « pousse » les charges dans un circuit. Le signe moins encode la loi de modération de Lenz.

Maxwell-Ampère et le courant de déplacement

La quatrième équation, dite de Maxwell-Ampère, relie le champ magnétique à ses sources. Elle contient l'apport le plus original de Maxwell :

rot⁡B⃗=μ0j⃗+μ0ε0∂E⃗∂t.\operatorname{rot}\vec{B} = \mu_0 \vec{j} + \mu_0 \varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}.

Le premier terme, μ0j⃗\mu_0 \vec{j}, est le théorème d'Ampère habituel : les courants de conduction créent un champ magnétique tourbillonnant. Le second terme, μ0ε0∂E⃗∂t\mu_0 \varepsilon_0 \dfrac{\partial \vec{E}}{\partial t}, est le courant de déplacement, ajouté par Maxwell : un champ électrique variable agit comme une source de B⃗\vec{B}, exactement comme un vrai courant.

Pourquoi ce terme est-il indispensable ? Parce que la divergence d'un rotationnel est toujours nulle. En prenant la divergence de l'équation, on obtient 0=μ0div⁡j⃗+μ0ε0∂∂t(div⁡E⃗)0 = \mu_0 \operatorname{div}\vec{j} + \mu_0 \varepsilon_0 \dfrac{\partial}{\partial t}(\operatorname{div}\vec{E}). En y injectant Maxwell-Gauss, on retrouve exactement l'équation de conservation de la charge div⁡j⃗+∂tρ=0\operatorname{div}\vec{j} + \partial_t \rho = 0. Sans le courant de déplacement, Maxwell-Ampère serait incompatible avec la conservation de la charge en régime variable.

Le point décisif. Le courant de déplacement est ce qui rend possible la propagation d'ondes dans le vide. Là, j⃗=0⃗\vec{j} = \vec{0}, mais un E⃗\vec{E} variable crée un B⃗\vec{B} (Maxwell-Ampère), qui en variant crée un E⃗\vec{E} (Maxwell-Faraday) : les deux champs s'entretiennent mutuellement et l'ensemble se propage. C'est la brique conceptuelle qui a permis à Maxwell de prédire les ondes électromagnétiques, la lumière comprise.

Les quatre équations en un coup d'œil

Voici le système complet, à connaître par cœur avec son interprétation. C'est le socle de tout le chapitre.

NomForme localeCe qu'elle dit
Maxwell-Gaussdiv⁡E⃗=ρε0\operatorname{div}\vec{E} = \dfrac{\rho}{\varepsilon_0}Les charges sont sources du champ électrique.
Maxwell-fluxdiv⁡B⃗=0\operatorname{div}\vec{B} = 0Pas de charge magnétique ; B⃗\vec{B} à flux conservatif.
Maxwell-Faradayrot⁡E⃗=−∂B⃗∂t\operatorname{rot}\vec{E} = -\dfrac{\partial \vec{B}}{\partial t}Un B⃗\vec{B} variable crée un E⃗\vec{E} (induction).
Maxwell-Ampèrerot⁡B⃗=μ0j⃗+μ0ε0∂E⃗∂t\operatorname{rot}\vec{B} = \mu_0\vec{j} + \mu_0\varepsilon_0\dfrac{\partial \vec{E}}{\partial t}Courants et E⃗\vec{E} variable créent un B⃗\vec{B}.

Astuce de mémorisation. Les deux équations en div⁡\operatorname{div} décrivent les sources (charges pour E⃗\vec{E}, rien pour B⃗\vec{B}), les deux équations en rot⁡\operatorname{rot} décrivent le couplage temporel entre les champs. Maxwell-Gauss et Maxwell-flux fixent « d'où partent » les lignes de champ ; Maxwell-Faraday et Maxwell-Ampère disent « comment un champ variable en engendre un autre ». C'est cette symétrie qui produit les ondes.

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L'onde électromagnétique dans le vide

Plaçons-nous dans le vide, loin de toute source : ρ=0\rho = 0 et j⃗=0⃗\vec{j} = \vec{0}. Les quatre équations deviennent

div⁡E⃗=0,div⁡B⃗=0,rot⁡E⃗=−∂B⃗∂t,rot⁡B⃗=μ0ε0∂E⃗∂t.\operatorname{div}\vec{E} = 0, \quad \operatorname{div}\vec{B} = 0, \quad \operatorname{rot}\vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}, \quad \operatorname{rot}\vec{B} = \mu_0\varepsilon_0\frac{\partial \vec{E}}{\partial t}.

Pour obtenir une équation portant sur E⃗\vec{E} seul, on prend le rotationnel de Maxwell-Faraday et on utilise l'identité d'analyse vectorielle rot⁡(rot⁡E⃗)=grad⁡(div⁡E⃗)−ΔE⃗\operatorname{rot}(\operatorname{rot}\vec{E}) = \operatorname{grad}(\operatorname{div}\vec{E}) - \Delta\vec{E}. Comme div⁡E⃗=0\operatorname{div}\vec{E} = 0 :

rot⁡(rot⁡E⃗)=−ΔE⃗=−∂∂t(rot⁡B⃗)=−μ0ε0∂2E⃗∂t2.\operatorname{rot}(\operatorname{rot}\vec{E}) = -\Delta\vec{E} = -\frac{\partial}{\partial t}\bigl(\operatorname{rot}\vec{B}\bigr) = -\mu_0\varepsilon_0\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2}.

On aboutit à l'équation de d'Alembert, l'équation de propagation des ondes, dans laquelle apparaît naturellement une célérité :

ΔE⃗−1c2∂2E⃗∂t2=0⃗,avecc=1ε0μ0.\Delta\vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0}, \qquad \text{avec} \qquad c = \frac{1}{\sqrt{\varepsilon_0 \mu_0}}.

Le champ magnétique B⃗\vec{B} vérifie rigoureusement la même équation. Le calcul numérique donne c=1/ε0μ0≈3,00×108c = 1/\sqrt{\varepsilon_0 \mu_0} \approx 3{,}00 \times 10^{8} m·s⁻¹ : c'est la vitesse de la lumière dans le vide. Maxwell en a déduit, dès 1865, que la lumière est une onde électromagnétique. On retrouve la même structure de d'Alembert que pour les ondes et l'équation de d'Alembert étudiées par ailleurs.

Règle d'or. La célérité ne se pose pas « à la main » : elle sort du calcul, comme le facteur devant ∂t2\partial_t^2 dans l'équation de d'Alembert. C'est le grand résultat du chapitre : trois constantes purement électrique et magnétique, ε0\varepsilon_0 et μ0\mu_0, déterminent la vitesse de la lumière. Retiens la relation ε0μ0c2=1\varepsilon_0 \mu_0 c^2 = 1, on la réutilise sans arrêt.

Structure de l'onde plane progressive

La solution modèle est l'onde plane progressive harmonique, se propageant dans une direction fixée par le vecteur d'onde k⃗\vec{k}. En notation complexe, les champs s'écrivent

E⃗‾=E⃗0 e i(ωt−k⃗⋅r⃗),B⃗‾=B⃗0 e i(ωt−k⃗⋅r⃗),\underline{\vec{E}} = \vec{E}_0\, e^{\,i(\omega t - \vec{k}\cdot\vec{r})}, \qquad \underline{\vec{B}} = \vec{B}_0\, e^{\,i(\omega t - \vec{k}\cdot\vec{r})},

avec la relation de dispersion ω=c k\omega = c\,k (obtenue en injectant l'onde plane dans l'équation de d'Alembert). Sur ces ondes, les opérateurs se simplifient : div⁡→−ik⃗⋅\operatorname{div} \to -i\vec{k}\cdot et rot⁡→−ik⃗∧\operatorname{rot} \to -i\vec{k}\wedge, tandis que ∂t→iω\partial_t \to i\omega. Traduisons les équations de Maxwell dans le vide :

  • Maxwell-Gauss (div⁡E⃗=0\operatorname{div}\vec{E} = 0) donne k⃗⋅E⃗0=0\vec{k}\cdot\vec{E}_0 = 0 : le champ électrique est perpendiculaire à la direction de propagation.
  • Maxwell-flux (div⁡B⃗=0\operatorname{div}\vec{B} = 0) donne k⃗⋅B⃗0=0\vec{k}\cdot\vec{B}_0 = 0 : le champ magnétique est lui aussi transverse.
  • Maxwell-Faraday donne −ik⃗∧E⃗0=−iω B⃗0-i\vec{k}\wedge\vec{E}_0 = -i\omega\,\vec{B}_0, soit B⃗=k⃗∧E⃗ω\vec{B} = \dfrac{\vec{k}\wedge\vec{E}}{\omega} : le champ magnétique est perpendiculaire à E⃗\vec{E}.

L'onde électromagnétique dans le vide est donc transverse : E⃗\vec{E} et B⃗\vec{B} sont tous deux orthogonaux à k⃗\vec{k}, et orthogonaux entre eux. Le trièdre (E⃗,B⃗,k⃗)(\vec{E}, \vec{B}, \vec{k}) est direct, les champs sont en phase, et leurs normes sont liées par

∥E⃗∥=c ∥B⃗∥.\|\vec{E}\| = c\,\|\vec{B}\|.

Le réflexe à acquérir. Pour une onde plane dans le vide, ne recalcule jamais tout : retiens le triplet (E⃗,B⃗,k⃗)(\vec{E}, \vec{B}, \vec{k}) orthogonal direct et E=cBE = cB. Connaissant E⃗\vec{E} et la direction k⃗\vec{k}, tu déduis B⃗\vec{B} en une ligne par B⃗=k⃗∧E⃗ω=u⃗∧E⃗c\vec{B} = \dfrac{\vec{k}\wedge\vec{E}}{\omega} = \dfrac{\vec{u}\wedge\vec{E}}{c}, où u⃗=k⃗/k\vec{u} = \vec{k}/k. C'est le calcul type des concours.

5 erreurs classiques à éviter

Sur les copies de concours, les mêmes maladresses reviennent sur les équations de Maxwell. Les repérer, c'est sécuriser des points.

  1. Oublier le courant de déplacement. En régime variable, rot⁡B⃗=μ0j⃗\operatorname{rot}\vec{B} = \mu_0\vec{j} est faux : le terme μ0ε0 ∂tE⃗\mu_0\varepsilon_0\,\partial_t\vec{E} est indispensable. Sans lui, pas de propagation et incompatibilité avec la conservation de la charge.
  2. Confondre les deux membres nuls. div⁡B⃗=0\operatorname{div}\vec{B} = 0 (toujours, pas de monopôle), mais div⁡E⃗=ρ/ε0\operatorname{div}\vec{E} = \rho/\varepsilon_0 n'est nul que là où il n'y a pas de charge. Ne pas symétriser abusivement E⃗\vec{E} et B⃗\vec{B}.
  3. Perdre le signe moins de Maxwell-Faraday. rot⁡E⃗=− ∂tB⃗\operatorname{rot}\vec{E} = -\,\partial_t\vec{B}. Ce signe encode la loi de Lenz ; l'oublier fausse tout raisonnement sur le sens du champ induit.
  4. Poser cc « à la main ». La célérité doit émerger du calcul comme 1/ε0μ01/\sqrt{\varepsilon_0\mu_0}. L'écrire d'emblée sans passer par l'équation de d'Alembert fait perdre le résultat central du chapitre.
  5. Se tromper d'orientation du trièdre. C'est (E⃗,B⃗,k⃗)(\vec{E}, \vec{B}, \vec{k}) qui est direct, pas (B⃗,E⃗,k⃗)(\vec{B}, \vec{E}, \vec{k}). Vérifie avec B⃗=u⃗∧E⃗/c\vec{B} = \vec{u}\wedge\vec{E}/c où u⃗\vec{u} pointe dans le sens de propagation.

3 exercices corrigés · niveau croissant

Exercice 1, cohérence avec la conservation de la charge

Énoncé. Montrer que le terme de courant de déplacement dans Maxwell-Ampère est nécessaire pour que l'équation soit compatible avec la conservation de la charge div⁡j⃗+∂tρ=0\operatorname{div}\vec{j} + \partial_t\rho = 0.

Solution. Partons de Maxwell-Ampère et prenons-en la divergence. Or, pour tout champ, div⁡(rot⁡B⃗)=0\operatorname{div}(\operatorname{rot}\vec{B}) = 0 identiquement. Donc :

0=div⁡ ⁣(μ0j⃗+μ0ε0∂E⃗∂t)=μ0div⁡j⃗+μ0ε0∂∂t(div⁡E⃗).0 = \operatorname{div}\!\left(\mu_0\vec{j} + \mu_0\varepsilon_0\frac{\partial \vec{E}}{\partial t}\right) = \mu_0\operatorname{div}\vec{j} + \mu_0\varepsilon_0\frac{\partial}{\partial t}\bigl(\operatorname{div}\vec{E}\bigr).

On injecte Maxwell-Gauss, div⁡E⃗=ρ/ε0\operatorname{div}\vec{E} = \rho/\varepsilon_0, dans le second terme :

0=μ0div⁡j⃗+μ0ε0∂∂t ⁣(ρε0)=μ0(div⁡j⃗+∂ρ∂t).0 = \mu_0\operatorname{div}\vec{j} + \mu_0\varepsilon_0\frac{\partial}{\partial t}\!\left(\frac{\rho}{\varepsilon_0}\right) = \mu_0\left(\operatorname{div}\vec{j} + \frac{\partial \rho}{\partial t}\right).

Résultat. On retrouve exactement div⁡j⃗+∂tρ=0\operatorname{div}\vec{j} + \partial_t\rho = 0. Sans le courant de déplacement, on aurait div⁡j⃗=0\operatorname{div}\vec{j} = 0, faux dès qu'une charge s'accumule (condensateur en charge). Le terme de Maxwell est donc imposé par la conservation de la charge.

Exercice 2, valeur de la célérité

Énoncé. À partir de c=1/ε0μ0c = 1/\sqrt{\varepsilon_0\mu_0}, avec ε0=8,85×10−12\varepsilon_0 = 8{,}85 \times 10^{-12} F·m⁻¹ et μ0=4π×10−7\mu_0 = 4\pi \times 10^{-7} H·m⁻¹, calculer cc et vérifier l'ordre de grandeur.

Solution. Calculons d'abord le produit :

ε0μ0=8,85×10−12×4π×10−7≈1,11×10−17 s2 ⁣⋅ ⁣m−2.\varepsilon_0\mu_0 = 8{,}85 \times 10^{-12} \times 4\pi \times 10^{-7} \approx 1{,}11 \times 10^{-17} \ \text{s}^2\!\cdot\!\text{m}^{-2}.

On en tire la célérité :

c=11,11×10−17≈3,00×108 m⋅s−1.c = \frac{1}{\sqrt{1{,}11 \times 10^{-17}}} \approx 3{,}00 \times 10^{8} \ \text{m·s}^{-1}.

Résultat. On obtient bien la vitesse de la lumière dans le vide, c≈3,00×108c \approx 3{,}00 \times 10^{8} m·s⁻¹. La coïncidence entre cette valeur, issue de constantes électromagnétiques, et la vitesse mesurée de la lumière est le fondement de l'optique ondulatoire.

Exercice 3, structure d'une onde plane

Énoncé. Une onde plane progressive harmonique se propage dans le vide selon OzOz (k⃗=k e⃗z\vec{k} = k\,\vec{e}_z, ω=ck\omega = ck). Son champ électrique est E⃗=E0cos⁡(ωt−kz) e⃗x\vec{E} = E_0\cos(\omega t - kz)\,\vec{e}_x. Déterminer B⃗\vec{B} et vérifier la structure de l'onde.

Solution. L'onde est transverse : E⃗\vec{E} est bien orthogonal à k⃗\vec{k} (selon e⃗x\vec{e}_x, avec k⃗\vec{k} selon e⃗z\vec{e}_z). Le champ magnétique se déduit de la relation de structure B⃗=u⃗∧E⃗c\vec{B} = \dfrac{\vec{u}\wedge\vec{E}}{c} avec u⃗=e⃗z\vec{u} = \vec{e}_z :

B⃗=e⃗z∧E⃗c=E0ccos⁡(ωt−kz)  (e⃗z∧e⃗x)=E0ccos⁡(ωt−kz) e⃗y.\vec{B} = \frac{\vec{e}_z \wedge \vec{E}}{c} = \frac{E_0}{c}\cos(\omega t - kz)\;(\vec{e}_z \wedge \vec{e}_x) = \frac{E_0}{c}\cos(\omega t - kz)\,\vec{e}_y.

On vérifie la cohérence avec Maxwell-Faraday, rot⁡E⃗=−∂tB⃗\operatorname{rot}\vec{E} = -\partial_t\vec{B}. Avec E⃗=E0cos⁡(ωt−kz) e⃗x\vec{E} = E_0\cos(\omega t - kz)\,\vec{e}_x, seul ∂zEx\partial_z E_x est non nul, et rot⁡E⃗=∂zEx (e⃗z∧e⃗x)⋅(… )\operatorname{rot}\vec{E} = \partial_z E_x\,(\vec{e}_z\wedge\vec{e}_x)\cdot(\dots) conduit bien, après calcul, à B⃗=E0ccos⁡(ωt−kz) e⃗y\vec{B} = \dfrac{E_0}{c}\cos(\omega t - kz)\,\vec{e}_y.

Résultat. Le champ magnétique vaut B⃗=E0ccos⁡(ωt−kz) e⃗y\vec{B} = \dfrac{E_0}{c}\cos(\omega t - kz)\,\vec{e}_y. On vérifie que (E⃗,B⃗,k⃗)(\vec{E}, \vec{B}, \vec{k}), soit (e⃗x,e⃗y,e⃗z)(\vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z), forme un trièdre direct, que les champs sont en phase, et que ∥E⃗∥=c∥B⃗∥\|\vec{E}\| = c\|\vec{B}\|.

Ces automatismes, traduire les opérateurs sur une onde plane et lire la structure du trièdre, sont exactement ceux que nos profs Hadamard, passés par les prépas de l'X et de CentraleSupélec, entraînent en priorité : ils tombent chaque année aux écrits et aux oraux, en MP comme en PC et PSI. Pour organiser ta préparation, appuie-toi sur notre guide de méthode pour réussir en prépa.

Ce qu'il faut retenir

  • Maxwell-Gauss : div⁡E⃗=ρ/ε0\operatorname{div}\vec{E} = \rho/\varepsilon_0, les charges sont sources du champ électrique.
  • Maxwell-flux : div⁡B⃗=0\operatorname{div}\vec{B} = 0, pas de monopôle magnétique, B⃗\vec{B} à flux conservatif.
  • Maxwell-Faraday : rot⁡E⃗=−∂tB⃗\operatorname{rot}\vec{E} = -\partial_t\vec{B}, un champ magnétique variable induit un champ électrique.
  • Maxwell-Ampère : rot⁡B⃗=μ0j⃗+μ0ε0 ∂tE⃗\operatorname{rot}\vec{B} = \mu_0\vec{j} + \mu_0\varepsilon_0\,\partial_t\vec{E}, courants et champ électrique variable créent B⃗\vec{B}.
  • Propagation dans le vide : équation de d'Alembert ΔE⃗−1c2∂t2E⃗=0⃗\Delta\vec{E} - \frac{1}{c^2}\partial_t^2\vec{E} = \vec{0}, avec c=1/ε0μ0c = 1/\sqrt{\varepsilon_0\mu_0}.
  • Onde plane : transverse, trièdre (E⃗,B⃗,k⃗)(\vec{E}, \vec{B}, \vec{k}) direct, champs en phase, ∥E⃗∥=c∥B⃗∥\|\vec{E}\| = c\|\vec{B}\|.

Les équations de Maxwell sont le cœur de l'électromagnétisme de deuxième année : elles fondent l'induction, la propagation des ondes, l'optique physique et les guides d'onde. Elles se prolongent naturellement vers l'induction électromagnétique et vers l'étude des ondes et des régimes stationnaires.

Pour organiser ta deuxième année et affronter sereinement ce chapitre exigeant, consulte notre méthode pour réviser efficacement en prépa.

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