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Énergie mécanique : cinétique, potentielle et exercices
Méthode
11 min

Énergie mécanique : cinétique, potentielle et exercices

Mohamed K.

Mohamed K.

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L'énergie mécanique répond à une question simple : que devient l'énergie d'un objet qui bouge ? Une bille qui tombe, un skieur qui dévale une piste, un pendule qui oscille, tous convertissent en permanence de l'énergie de position en énergie de vitesse, et réciproquement. Comprendre ce bilan, c'est pouvoir prédire une vitesse ou une hauteur sans jamais résoudre une seule équation horaire.

L'énergie cinétique

L'énergie cinétique est l'énergie que possède un système du fait de son mouvement. Pour un objet de masse mm (en kilogrammes) animé d'une vitesse vv (en mètres par seconde), elle vaut :

Ec=12 m v2,E_c = \frac{1}{2}\,m\,v^2,

et s'exprime en joules (J). Deux points méritent l'attention. D'abord, l'énergie cinétique dépend du carré de la vitesse : doubler la vitesse quadruple EcE_c, ce qui explique pourquoi les distances de freinage explosent quand on roule vite. Ensuite, elle est toujours positive ou nulle, car v2≥0v^2 \geq 0.

L'idée à retenir. L'énergie cinétique mesure « combien il en coûterait pour arrêter l'objet ». Un poids lourd et une voiture roulant à la même vitesse n'ont pas la même EcE_c : la masse compte, mais la vitesse compte au carré. C'est la grandeur clé pour relier un mouvement à un bilan d'énergie.

L'énergie potentielle de pesanteur

L'énergie potentielle de pesanteur est l'énergie que possède un système du fait de sa position dans le champ de pesanteur. Pour un objet de masse mm situé à l'altitude zz :

Epp=m g z,E_{pp} = m\,g\,z,

où g≈9,81g \approx 9{,}81 m·s⁻² est l'intensité de la pesanteur. Elle s'exprime elle aussi en joules. Contrairement à l'énergie cinétique, l'énergie potentielle dépend d'un choix d'origine : il faut fixer un niveau de référence (z=0z = 0) et orienter l'axe OzOz vers le haut. Selon la référence choisie, EppE_{pp} peut être positive, nulle ou négative, mais c'est toujours sa variation qui a un sens physique.

Règle d'or. Choisis ta référence z=0z = 0 avant tout calcul, et garde-la jusqu'au bout. Le plus pratique est souvent de placer l'origine au point le plus bas du mouvement : EppE_{pp} y est nulle et positive partout ailleurs. Un changement de référence en cours de route est la source d'erreur numéro un du chapitre.

L'énergie mécanique

L'énergie mécanique EmE_m d'un système est simplement la somme de son énergie cinétique et de son énergie potentielle :

Em=Ec+Ep.E_m = E_c + E_p.

Dans le cas du champ de pesanteur, Ep=Epp=mgzE_p = E_{pp} = mgz, si bien que :

Em=12 m v2+m g z.E_m = \frac{1}{2}\,m\,v^2 + m\,g\,z.

Cette grandeur unique regroupe les deux « réservoirs » d'énergie du système : celui du mouvement (EcE_c) et celui de la position (EpE_p). Tout l'intérêt du chapitre tient à une question : ce total se conserve-t-il ? La réponse dépend entièrement de la présence, ou non, de frottements.

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Conservation sans frottements

Lorsque les frottements sont négligeables et que la seule force qui travaille est le poids, l'énergie mécanique se conserve : elle reste constante tout au long du mouvement.

Em=Ec+Ep=constante.E_m = E_c + E_p = \text{constante}.

Concrètement, l'énergie ne disparaît pas, elle change de forme. Quand l'objet descend, son altitude baisse, donc EpE_p diminue, et cette énergie est intégralement reversée dans EcE_c : l'objet accélère. Quand il monte, c'est l'inverse : EcE_c se convertit en EpE_p et l'objet ralentit. C'est exactement ce qui se passe pour un projectile en chute libre ou en mouvement de projectile, où seule la pesanteur agit.

Lecture pédagogique. La conservation donne une méthode redoutable : pour relier une vitesse à une hauteur, il suffit d'écrire EmE_m au point de départ == EmE_m au point d'arrivée. Par exemple, un objet lâché sans vitesse d'une hauteur hh arrive au sol à la vitesse v=2ghv = \sqrt{2gh}, indépendamment de sa masse. Pas besoin de connaître la durée de la chute ni la trajectoire exacte.

Non-conservation et dissipation

Dès qu'il y a des frottements (air, contact avec une surface), l'énergie mécanique n'est plus conservée : elle diminue au cours du mouvement. La variation d'énergie mécanique est égale au travail des forces de frottement :

ΔEm=Em(final)−Em(initial)=W(f⃗ ).\Delta E_m = E_m(\text{final}) - E_m(\text{initial}) = W(\vec{f}\,).

Comme les frottements s'opposent toujours au mouvement, leur travail est résistant, donc négatif : ΔEm<0\Delta E_m < 0. L'énergie mécanique perdue n'est pas détruite, elle est dissipée, essentiellement sous forme de chaleur (échauffement des surfaces et de l'air). C'est pourquoi les freins chauffent et une bille qui rebondit finit toujours par s'arrêter.

Astuce de prof. Pour chiffrer l'énergie perdue par frottement, calcule EmE_m à l'état initial et à l'état final, puis fais la différence. L'énergie dissipée sous forme de chaleur vaut ∣ΔEm∣=Em(initial)−Em(final)|\Delta E_m| = E_m(\text{initial}) - E_m(\text{final}). Si tu trouves une valeur positive pour l'énergie « perdue », c'est cohérent ; si ΔEm\Delta E_m ressort positive, tu as inversé initial et final.

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Travail d'une force et théorème de l'énergie cinétique

Le travail d'une force est la grandeur qui traduit son effet énergétique le long d'un déplacement. Pour une force constante F⃗\vec{F} et un déplacement rectiligne d⃗\vec{d}, il s'écrit comme un produit scalaire :

W=F⃗⋅d⃗=F d cos⁡(α),W = \vec{F}\cdot\vec{d} = F\,d\,\cos(\alpha),

où α\alpha est l'angle entre la force et le déplacement. Le signe de cos⁡(α)\cos(\alpha) fixe la nature du travail : moteur (positif) si la force accompagne le mouvement, résistant (négatif) si elle s'y oppose, et nul si la force est perpendiculaire au déplacement, comme la réaction normale d'un support.

Le théorème de l'énergie cinétique relie alors la variation de EcE_c à la somme de tous ces travaux. Entre deux instants, pour un système soumis aux forces F1⃗,F2⃗,…\vec{F_1}, \vec{F_2}, \dots :

ΔEc=Ec(final)−Ec(initial)=∑iW(Fi⃗ ).\Delta E_c = E_c(\text{final}) - E_c(\text{initial}) = \sum_i W(\vec{F_i}\,).

C'est l'outil le plus rentable de la mécanique énergétique : il donne directement une vitesse finale ou une force moyenne sans passer par les équations horaires. Il complète les lois de Newton sur le mouvement, qui décrivent, elles, l'évolution instant par instant.

Règle d'or. Avant d'appliquer le théorème, fais l'inventaire des forces et le bilan de leurs travaux. Le poids travaille (W=mg ΔzW = mg\,\Delta z au signe près), les frottements travaillent (négativement), mais la réaction normale d'un support horizontal ou d'un plan, perpendiculaire au déplacement, a un travail nul. Oublier une force ou compter un travail nul comme non nul fausse tout le bilan.

Lecture graphique des énergies

Au bac, on te demande souvent d'interpréter des courbes d'énergie en fonction du temps ou de la position. Trois réflexes suffisent à tout lire.

  • La courbe EmE_m est horizontale (constante) : l'énergie mécanique se conserve, donc les frottements sont négligeables.
  • La courbe EmE_m décroît : l'énergie mécanique diminue, il y a des frottements ; la baisse totale donne l'énergie dissipée.
  • À chaque instant, EcE_c et EpE_p se lisent séparément, et leur somme doit redonner EmE_m : Ec+Ep=EmE_c + E_p = E_m. C'est le contrôle gratuit de tout graphique d'énergie.

Sur un mouvement sans frottement, EcE_c et EpE_p sont deux courbes symétriques : là où l'une monte, l'autre descend exactement de la même quantité, et leur somme reste plate. Repérer les instants où EcE_c est maximale (vitesse maximale, souvent au point le plus bas) ou minimale (point le plus haut) permet de décrire tout le mouvement d'un coup d'œil.

Lecture pédagogique. Face à un graphique, additionne mentalement EcE_c et EpE_p à deux ou trois instants. Si la somme est constante, tu peux affirmer « conservation, frottements négligeables ». Si elle baisse, chiffre la perte ∣ΔEm∣|\Delta E_m| : c'est la réponse attendue pour l'énergie dissipée. Une phrase de justification bien formulée rapporte des points au bac comme au grand oral de physique-chimie.

5 erreurs classiques à éviter

Sur les copies de DS et du bac, les mêmes fautes reviennent chaque année autour de l'énergie mécanique. Les repérer, c'est déjà gagner des points.

  1. Oublier le carré de la vitesse. L'énergie cinétique est 12mv2\tfrac{1}{2}mv^2, pas 12mv\tfrac{1}{2}mv. Doubler la vitesse quadruple EcE_c, ce n'est pas une proportionnalité simple.
  2. Changer de référence d'altitude en cours de calcul. L'énergie potentielle mgzmgz dépend de l'origine z=0z = 0 choisie. Fixe-la une fois pour toutes et garde le même axe orienté vers le haut du début à la fin.
  3. Affirmer que EmE_m se conserve toujours. La conservation n'a lieu que sans frottements. Dès qu'il y a des frottements, EmE_m diminue : c'est justement la variation ΔEm\Delta E_m qui mesure l'énergie dissipée.
  4. Compter le travail de la réaction normale. Sur un support, la réaction normale est perpendiculaire au déplacement, donc cos⁡(90°)=0\cos(90°) = 0 : son travail est nul. L'inclure dans le bilan est une faute fréquente.
  5. Se tromper de signe pour le travail des frottements. Les frottements s'opposent au mouvement, leur travail est toujours résistant, donc négatif. Un travail de frottement positif est impossible.

4 exercices corrigés · niveau croissant

Exercice 1, énergie cinétique et freinage

Énoncé. Une voiture de masse m=1200m = 1200 kg roule à v=20v = 20 m·s⁻¹. Calculer son énergie cinétique. Elle freine ensuite jusqu'à l'arrêt sur une distance d=40d = 40 m. En déduire la valeur de la force de freinage moyenne, supposée constante et opposée au mouvement.

Solution. L'énergie cinétique initiale vaut :

Ec=12 m v2=12×1200×202=600×400=240 000 J=240 kJ.E_c = \frac{1}{2}\,m\,v^2 = \frac{1}{2}\times 1200 \times 20^2 = 600 \times 400 = 240\,000 \ \text{J} = 240 \ \text{kJ}.

La voiture s'arrête, donc son énergie cinétique finale est nulle. Sur un trajet horizontal, le poids et la réaction normale ne travaillent pas ; seule la force de freinage f⃗\vec{f} travaille. Le théorème de l'énergie cinétique donne :

ΔEc=0−240 000=W(f⃗ )=−f d,\Delta E_c = 0 - 240\,000 = W(\vec{f}\,) = -f\,d,

le travail étant résistant. On isole ff :

f=240 00040=6 000 N.f = \frac{240\,000}{40} = 6\,000 \ \text{N}.

Résultat : Ec=240E_c = 240 kJ et la force de freinage moyenne vaut environ 6 0006\,000 N.

Exercice 2, conservation sans frottements

Énoncé. Une bille est lâchée sans vitesse initiale d'une hauteur h=5,0h = 5{,}0 m. Les frottements de l'air sont négligés. Déterminer sa vitesse au moment où elle touche le sol.

Solution. On place la référence z=0z = 0 au sol. À l'état initial (en haut, au repos) : Eci=0E_c^i = 0 et Eppi=mghE_{pp}^i = mgh, donc Emi=mghE_m^i = mgh. À l'état final (au sol) : Eppf=0E_{pp}^f = 0 et Ecf=12mv2E_c^f = \tfrac{1}{2}mv^2, donc Emf=12mv2E_m^f = \tfrac{1}{2}mv^2. Comme les frottements sont négligeables, l'énergie mécanique se conserve :

Emf=Emi⟹12 m v2=m g h.E_m^f = E_m^i \quad\Longrightarrow\quad \frac{1}{2}\,m\,v^2 = m\,g\,h.

La masse mm se simplifie, ce qui confirme que la vitesse ne dépend pas de la masse :

v=2 g h=2×9,81×5,0=98,1≈9,9 m⋅s−1.v = \sqrt{2\,g\,h} = \sqrt{2 \times 9{,}81 \times 5{,}0} = \sqrt{98{,}1} \approx 9{,}9 \ \text{m·s}^{-1}.

Résultat : la bille arrive au sol à environ 9,99{,}9 m·s⁻¹, quelle que soit sa masse.

Exercice 3, énergie dissipée par les frottements

Énoncé. Un skieur de masse m=70m = 70 kg part sans vitesse du haut d'une pente et descend d'une dénivelée h=10h = 10 m. Il arrive en bas à la vitesse v=12v = 12 m·s⁻¹. Calculer l'énergie dissipée par les frottements, puis comparer à la vitesse qu'il aurait atteinte sans frottement.

Solution. On prend la référence z=0z = 0 en bas de la pente. Énergie mécanique en haut (au repos, altitude hh) :

Emi=m g h=70×9,81×10≈6 867 J.E_m^i = m\,g\,h = 70 \times 9{,}81 \times 10 \approx 6\,867 \ \text{J}.

Énergie mécanique en bas (altitude nulle, vitesse vv) :

Emf=12 m v2=12×70×122=35×144=5 040 J.E_m^f = \frac{1}{2}\,m\,v^2 = \frac{1}{2}\times 70 \times 12^2 = 35 \times 144 = 5\,040 \ \text{J}.

L'énergie mécanique a diminué : la variation vaut ΔEm=5 040−6 867=−1 827\Delta E_m = 5\,040 - 6\,867 = -1\,827 J. L'énergie dissipée par les frottements, sous forme de chaleur, est donc :

∣ΔEm∣≈1 8×103 J=1,8 kJ.|\Delta E_m| \approx 1\,8 \times 10^{3} \ \text{J} = 1{,}8 \ \text{kJ}.

Sans frottement, l'énergie mécanique se conserverait et le skieur arriverait à v′=2gh=2×9,81×10≈14,0v' = \sqrt{2gh} = \sqrt{2 \times 9{,}81 \times 10} \approx 14{,}0 m·s⁻¹, nettement plus vite que les 1212 m·s⁻¹ réels. L'écart traduit exactement l'énergie perdue par frottement.

Exercice 4, théorème de l'énergie cinétique avec frottements

Énoncé. Une luge de masse m=8,0m = 8{,}0 kg, initialement au repos, est poussée sur un sol horizontal par une force constante F=40F = 40 N dans le sens du mouvement, sur une distance d=12d = 12 m. Une force de frottement f=15f = 15 N s'oppose au déplacement. Déterminer la vitesse de la luge après ces 1212 m.

Solution. On fait l'inventaire des quatre forces et de leurs travaux sur le déplacement horizontal :

  • La force motrice F⃗\vec{F}, dans le sens du mouvement : W(F⃗)=F d=40×12=480W(\vec{F}) = F\,d = 40 \times 12 = 480 J.
  • Le frottement f⃗\vec{f}, résistant : W(f⃗)=−f d=−15×12=−180W(\vec{f}) = -f\,d = -15 \times 12 = -180 J.
  • Le poids et la réaction normale, perpendiculaires au déplacement : travail nul.

Le théorème de l'énergie cinétique, avec une vitesse initiale nulle, donne :

ΔEc=12 m v2−0=W(F⃗)+W(f⃗ )=480−180=300 J.\Delta E_c = \frac{1}{2}\,m\,v^2 - 0 = W(\vec{F}) + W(\vec{f}\,) = 480 - 180 = 300 \ \text{J}.

On isole vv :

v=2×3008,0=75≈8,7 m⋅s−1.v = \sqrt{\frac{2 \times 300}{8{,}0}} = \sqrt{75} \approx 8{,}7 \ \text{m·s}^{-1}.

Résultat : la luge atteint environ 8,78{,}7 m·s⁻¹. La méthode, faire le bilan des travaux puis appliquer le théorème de l'énergie cinétique, est exactement le réflexe attendu au bac de physique-chimie et dans les premières semaines de prépa PC.

Ce qu'il faut retenir

  • L'énergie cinétique : Ec=12mv2E_c = \tfrac{1}{2}mv^2, toujours positive, dépendant du carré de la vitesse.
  • L'énergie potentielle de pesanteur : Epp=mgzE_{pp} = mgz, avec une référence z=0z = 0 à fixer et un axe orienté vers le haut.
  • L'énergie mécanique : Em=Ec+EpE_m = E_c + E_p, le total des deux réservoirs d'énergie.
  • La conservation : sans frottements, EmE_m est constante ; un objet lâché d'une hauteur hh arrive à v=2ghv = \sqrt{2gh}, indépendamment de sa masse.
  • La dissipation : avec frottements, ΔEm=W(f⃗)<0\Delta E_m = W(\vec{f}) < 0, et ∣ΔEm∣|\Delta E_m| est l'énergie convertie en chaleur.
  • Le travail et le théorème : W=F d cos⁡(α)W = F\,d\,\cos(\alpha) et ΔEc=∑iW(Fi⃗)\Delta E_c = \sum_i W(\vec{F_i}), l'outil clé pour une vitesse ou une force moyenne.

L'énergie mécanique est un pilier de la mécanique de terminale : elle s'articule avec la cinématique, les lois de Newton et le mouvement des projectiles, et revient chaque année au bac dans un exercice de bilan énergétique. Pour t'entraîner sur des sujets complets, consulte nos annales corrigées du bac de physique-chimie.

Pour situer ce chapitre dans l'ensemble de l'année, consulte notre panorama du programme de physique-chimie de terminale spécialité, qui montre comment la mécanique énergétique s'articule avec l'électricité, les ondes et la chimie.

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