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Mécanique du point en prépa : référentiels et PFD
Méthode
12 min

Mécanique du point en prépa : référentiels et PFD

Mohamed K.

Mohamed K.

Centralien · MPSI puis MP · Recherche ML santé

La mécanique du point est le premier grand chapitre de physique de MPSI et PCSI, et c'est aussi celui qui déroute le plus au premier trimestre. Les lois sont les mêmes qu'au lycée, celles de Newton, mais les outils changent d'échelle : on ne se contente plus de projeter des forces sur un axe, on manipule des coordonnées polaires, on invoque trois théorèmes énergétiques et cinétiques, et on modélise tout ressort ou tout pendule par un oscillateur harmonique. Une fois cette boîte à outils en place, la quasi-totalité des exercices se résout avec les mêmes réflexes.

Cinématique du point : position, vitesse, accélération

Décrire un mouvement, c'est d'abord fixer un référentiel (un solide de référence muni d'une horloge) et un système de coordonnées. On repère le point MM par son vecteur position OM⃗(t)\vec{OM}(t). La vitesse est sa dérivée temporelle, l'accélération la dérivée de la vitesse :

v⃗=dOM⃗dt,a⃗=dv⃗dt=d2OM⃗dt2.\vec{v} = \frac{d\vec{OM}}{dt}, \qquad \vec{a} = \frac{d\vec{v}}{dt} = \frac{d^2\vec{OM}}{dt^2}.

Coordonnées cartésiennes. Avec la base fixe (ex⃗,ey⃗,ez⃗)(\vec{e_x}, \vec{e_y}, \vec{e_z}), tout est simple car les vecteurs de base ne dépendent pas du temps :

OM⃗=x ex⃗+y ey⃗+z ez⃗,v⃗=x˙ ex⃗+y˙ ey⃗+z˙ ez⃗,a⃗=x¨ ex⃗+y¨ ey⃗+z¨ ez⃗.\vec{OM} = x\,\vec{e_x} + y\,\vec{e_y} + z\,\vec{e_z}, \qquad \vec{v} = \dot{x}\,\vec{e_x} + \dot{y}\,\vec{e_y} + \dot{z}\,\vec{e_z}, \qquad \vec{a} = \ddot{x}\,\vec{e_x} + \ddot{y}\,\vec{e_y} + \ddot{z}\,\vec{e_z}.

Le point sur la lettre note la dérivée par rapport au temps (x˙=dx/dt\dot{x} = dx/dt), une notation qu'on adopte dès la Sup. C'est la continuité directe de ce que tu faisais au lycée avec les lois de Newton et les vecteurs vitesse et accélération.

Coordonnées polaires (mouvement plan). La nouveauté de la prépa est la base mobile (er⃗,eθ⃗)(\vec{e_r}, \vec{e_\theta}), qui tourne avec le point. Ses vecteurs dépendent du temps par l'intermédiaire de θ\theta :

der⃗dt=θ˙ eθ⃗,deθ⃗dt=−θ˙ er⃗.\frac{d\vec{e_r}}{dt} = \dot{\theta}\,\vec{e_\theta}, \qquad \frac{d\vec{e_\theta}}{dt} = -\dot{\theta}\,\vec{e_r}.

En dérivant OM⃗=r er⃗\vec{OM} = r\,\vec{e_r} et en tenant compte de ces variations, on obtient les formules à connaître par cœur :

v⃗=r˙ er⃗+rθ˙ eθ⃗,a⃗=(r¨−rθ˙2)er⃗+(rθ¨+2r˙θ˙)eθ⃗.\vec{v} = \dot{r}\,\vec{e_r} + r\dot{\theta}\,\vec{e_\theta}, \qquad \vec{a} = \bigl(\ddot{r} - r\dot{\theta}^2\bigr)\vec{e_r} + \bigl(r\ddot{\theta} + 2\dot{r}\dot{\theta}\bigr)\vec{e_\theta}.

Coordonnées cylindriques. On ajoute simplement la cote zz le long de l'axe fixe ez⃗\vec{e_z}. Le vecteur position devient OM⃗=r er⃗+z ez⃗\vec{OM} = r\,\vec{e_r} + z\,\vec{e_z}, et il suffit d'ajouter les termes en zz :

v⃗=r˙ er⃗+rθ˙ eθ⃗+z˙ ez⃗,a⃗=(r¨−rθ˙2)er⃗+(rθ¨+2r˙θ˙)eθ⃗+z¨ ez⃗.\vec{v} = \dot{r}\,\vec{e_r} + r\dot{\theta}\,\vec{e_\theta} + \dot{z}\,\vec{e_z}, \qquad \vec{a} = \bigl(\ddot{r} - r\dot{\theta}^2\bigr)\vec{e_r} + \bigl(r\ddot{\theta} + 2\dot{r}\dot{\theta}\bigr)\vec{e_\theta} + \ddot{z}\,\vec{e_z}.

Astuce de prof. Le cas le plus fréquent est le mouvement circulaire de rayon RR constant : alors r˙=0\dot{r} = 0 et r¨=0\ddot{r} = 0. La vitesse se réduit à v⃗=Rθ˙ eθ⃗\vec{v} = R\dot{\theta}\,\vec{e_\theta} (tangente au cercle) et l'accélération à a⃗=−Rθ˙2 er⃗+Rθ¨ eθ⃗\vec{a} = -R\dot{\theta}^2\,\vec{e_r} + R\ddot{\theta}\,\vec{e_\theta}. Le terme −Rθ˙2er⃗=−v2Rer⃗-R\dot{\theta}^2\vec{e_r} = -\dfrac{v^2}{R}\vec{e_r} est l'accélération centripète, dirigée vers le centre : elle existe même quand la vitesse est constante en norme. C'est elle qui explique qu'un mouvement circulaire uniforme ne vérifie pas le principe d'inertie.

Référentiel galiléen et principe fondamental de la dynamique

Un référentiel est dit galiléen lorsque le principe d'inertie y est vérifié : un point isolé y est au repos ou en mouvement rectiligne uniforme. Les lois de Newton ne s'appliquent que dans un tel référentiel. En Sup, on utilise selon l'échelle du problème le référentiel terrestre (expériences de laboratoire), le référentiel géocentrique (satellites) ou le référentiel héliocentrique (planètes), chacun galiléen à une très bonne approximation sur la durée considérée.

Le principe fondamental de la dynamique (PFD), ou deuxième loi de Newton, s'énonce ainsi : dans un référentiel galiléen, la dérivée de la quantité de mouvement p⃗=mv⃗\vec{p} = m\vec{v} est égale à la somme des forces extérieures. À masse constante, il prend sa forme la plus utilisée :

∑F⃗=dp⃗dt=m a⃗.\sum \vec{F} = \frac{d\vec{p}}{dt} = m\,\vec{a}.

C'est une relation vectorielle. Toute la technique consiste à choisir une base adaptée (cartésienne, polaire ou cylindrique), à y exprimer a⃗\vec{a} avec les formules précédentes, puis à projeter pour obtenir les équations scalaires du mouvement.

Lecture pédagogique. Le grand saut par rapport au lycée n'est pas la loi mais le choix de la base de projection. Sur un cercle, on projette en polaire ; sur un plan incliné, dans le repère de la pente ; pour une chute, sur la verticale. Un bon choix rend l'équation du mouvement immédiate, un mauvais choix la rend inextricable. C'est le premier réflexe à automatiser.

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Les forces usuelles

Réussir l'inventaire des forces, c'est réussir la moitié de l'exercice. Voici les forces qui reviennent en mécanique du point, avec leurs caractéristiques.

ForceExpressionCaractéristiques
PoidsP⃗=mg⃗\vec{P} = m\vec{g}Vertical, vers le bas, g≈9,81g \approx 9{,}81 m·s⁻².
Tension d'un ressortT⃗=−k (ℓ−ℓ0) u⃗\vec{T} = -k\,(\ell - \ell_0)\,\vec{u}Force de rappel, kk raideur, ℓ0\ell_0 longueur à vide.
Réaction d'un supportR⃗=N⃗+Tf⃗\vec{R} = \vec{N} + \vec{T_f}Composante normale N⃗\vec{N} et frottement solide Tf⃗\vec{T_f}.
Frottement fluidef⃗=−k v⃗\vec{f} = -k\,\vec{v} ou −k v v⃗-k\,v\,\vec{v}Opposé à la vitesse (modèle linéaire ou quadratique).
GravitationF⃗=−G m Mr2 er⃗\vec{F} = -\dfrac{G\,m\,M}{r^2}\,\vec{e_r}Attractive, centrale, en 1/r21/r^2.
Force de LorentzF⃗=q(E⃗+v⃗∧B⃗)\vec{F} = q\bigl(\vec{E} + \vec{v}\wedge\vec{B}\bigr)Sur une charge qq ; la part magnétique ne travaille pas.

Poser un bilan des forces propre et savoir sur quels axes projeter, c'est le socle commun à tous les chapitres de mécanique. Si ces automatismes te manquent encore, notre guide de méthode pour réussir sa prépa détaille comment les ancrer par un travail régulier plutôt que par du bachotage de veille de colle.

Approche énergétique : travail et théorèmes

L'approche énergétique évite souvent de résoudre l'équation différentielle du mouvement. Le travail d'une force F⃗\vec{F} le long d'un déplacement, et la puissance associée, s'écrivent :

WA→B(F⃗)=∫ABF⃗⋅dℓ⃗,P=F⃗⋅v⃗.W_{A \to B}(\vec{F}) = \int_A^B \vec{F}\cdot d\vec{\ell}, \qquad \mathcal{P} = \vec{F}\cdot\vec{v}.

Avec l'énergie cinétique Ec=12mv2E_c = \tfrac{1}{2}m v^2, le théorème de l'énergie cinétique (TEC) énonce que sa variation entre deux points est égale au travail total des forces :

ΔEc=Ec(B)−Ec(A)=∑iWA→B(Fi⃗),ou sous forme instantaneˊedEcdt=∑iPi.\Delta E_c = E_c(B) - E_c(A) = \sum_i W_{A\to B}(\vec{F_i}), \qquad \text{ou sous forme instantanée} \qquad \frac{dE_c}{dt} = \sum_i \mathcal{P}_i.

Une force est dite conservative lorsque son travail ne dépend pas du chemin suivi mais seulement des positions de départ et d'arrivée. On lui associe alors une énergie potentielle EpE_p telle que W=−ΔEpW = -\Delta E_p. Les trois cas classiques :

  • Pesanteur : Ep=mgz+cteE_p = mgz + \text{cte} (axe OzOz vers le haut).
  • Ressort : Ep=12k x2+cteE_p = \tfrac{1}{2}k\,x^2 + \text{cte}, avec x=ℓ−ℓ0x = \ell - \ell_0 l'allongement.
  • Gravitation : Ep=−G m Mr+cteE_p = -\dfrac{G\,m\,M}{r} + \text{cte}.

On définit enfin l'énergie mécanique Em=Ec+EpE_m = E_c + E_p. Le théorème de l'énergie mécanique dit que sa variation est égale au travail des seules forces non conservatives (frottements, tension d'un fil, force motrice) :

ΔEm=∑W(F⃗non conservatives).\Delta E_m = \sum W\bigl(\vec{F}_{\text{non conservatives}}\bigr).

Le réflexe à acquérir. S'il n'y a que des forces conservatives (ou des forces qui ne travaillent pas, comme la réaction normale ou la force magnétique), alors EmE_m se conserve : Em=constanteE_m = \text{constante}. Une seule équation, 12mv2+Ep=cte\tfrac{1}{2}mv^2 + E_p = \text{cte}, relie directement vitesse et position sans jamais faire intervenir le temps. C'est l'outil le plus rentable pour trouver une vitesse en un point donné. Ce chapitre prolonge exactement l'énergie mécanique, cinétique et potentielle vue au lycée, en ajoutant l'énergie potentielle élastique et gravitationnelle.

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Moment cinétique et théorème du moment cinétique

Le moment cinétique d'un point MM par rapport à un point fixe OO est le produit vectoriel de son vecteur position par sa quantité de mouvement :

LO⃗=OM⃗∧mv⃗.\vec{L_O} = \vec{OM} \wedge m\vec{v}.

Le moment d'une force F⃗\vec{F} en OO est MO⃗(F⃗)=OM⃗∧F⃗\vec{\mathcal{M}_O}(\vec{F}) = \vec{OM} \wedge \vec{F}. Le théorème du moment cinétique (TMC), dans un référentiel galiléen et pour un point OO fixe, relie l'un à l'autre :

dLO⃗dt=∑iMO⃗(Fi⃗)=OM⃗∧∑iFi⃗.\frac{d\vec{L_O}}{dt} = \sum_i \vec{\mathcal{M}_O}(\vec{F_i}) = \vec{OM} \wedge \sum_i \vec{F_i}.

Ce théorème brille pour les forces centrales, c'est-à-dire dirigées vers un point fixe OO (gravitation, force de rappel d'un ressort attaché en OO). Leur moment en OO est nul, car OM⃗\vec{OM} et F⃗\vec{F} sont colinéaires. Le moment cinétique est alors conservé, avec deux conséquences majeures :

  • Le mouvement est plan (la trajectoire reste dans le plan perpendiculaire à LO⃗\vec{L_O} constant).
  • La loi des aires : r2θ˙=Cr^2\dot{\theta} = C est constant, où CC est la constante des aires. Le rayon vecteur balaie des aires égales en des durées égales.

Règle d'or. Face à une force centrale (satellite, planète, pendule vu comme une masse au bout d'un fil), pense TMC avant PFD. La conservation de LO⃗\vec{L_O} te donne gratuitement le caractère plan du mouvement et la loi des aires, deux résultats qu'il serait pénible d'extraire par simple projection des forces.

L'oscillateur harmonique

L'oscillateur harmonique est le modèle universel des petits mouvements autour d'une position d'équilibre stable. Un système est un oscillateur harmonique lorsque l'écart à l'équilibre x(t)x(t) vérifie l'équation :

x¨+ω02 x=0,\ddot{x} + \omega_0^2\,x = 0,

où ω0\omega_0 est la pulsation propre (en rad·s⁻¹). La solution est sinusoïdale, x(t)=Acos⁡(ω0t+φ)x(t) = A\cos(\omega_0 t + \varphi), avec l'amplitude AA et la phase φ\varphi fixées par les conditions initiales. La période et la fréquence valent :

T=2πω0,f=1T=ω02π.T = \frac{2\pi}{\omega_0}, \qquad f = \frac{1}{T} = \frac{\omega_0}{2\pi}.

Le cas de référence est la masse-ressort horizontal sans frottement : le PFD projeté sur l'axe du mouvement donne mx¨=−kxm\ddot{x} = -k x, soit x¨+kmx=0\ddot{x} + \tfrac{k}{m}x = 0. On identifie directement :

ω0=km,T=2πmk.\omega_0 = \sqrt{\frac{k}{m}}, \qquad T = 2\pi\sqrt{\frac{m}{k}}.

Astuce de prof. Ne cherche jamais ω0\omega_0 « par cœur » : mets ton équation sous la forme canonique x¨+ω02x=0\ddot{x} + \omega_0^2 x = 0, et lis ω02\omega_0^2 comme le coefficient devant xx. Vérifie ensuite l'homogénéité : ω0\omega_0 doit être en s⁻¹. Ce simple contrôle dimensionnel rattrape la plupart des erreurs de k/mk/m inversé. Autre garde-fou : la période d'un oscillateur ne dépend pas de l'amplitude, uniquement de kk et mm.

3 exercices corrigés · niveau croissant

Exercice 1, la masse-ressort horizontale

Énoncé. Une masse m=0,20m = 0{,}20 kg glisse sans frottement sur un rail horizontal, reliée à un ressort de raideur k=20k = 20 N·m⁻¹. On l'écarte de x0=5,0x_0 = 5{,}0 cm de sa position d'équilibre et on la lâche sans vitesse. Établir l'équation du mouvement, en déduire la période, puis la vitesse maximale.

Solution. Système : la masse, dans le référentiel terrestre supposé galiléen. On repère l'écart xx à l'équilibre sur l'axe OxOx du mouvement. Trois forces : le poids et la réaction normale (verticaux, ils se compensent et n'ont pas de composante sur OxOx), et la tension du ressort T⃗=−kx ex⃗\vec{T} = -kx\,\vec{e_x}. Le PFD projeté sur OxOx donne :

mx¨=−kx⟹x¨+km x=0.m\ddot{x} = -k x \qquad \Longrightarrow \qquad \ddot{x} + \frac{k}{m}\,x = 0.

C'est un oscillateur harmonique de pulsation ω0=k/m\omega_0 = \sqrt{k/m}. La période vaut donc :

T=2πmk=2π0,2020=2π0,010≈0,63 s.T = 2\pi\sqrt{\frac{m}{k}} = 2\pi\sqrt{\frac{0{,}20}{20}} = 2\pi\sqrt{0{,}010} \approx 0{,}63 \ \text{s}.

Avec les conditions initiales x(0)=x0x(0) = x_0 et x˙(0)=0\dot{x}(0) = 0, la solution est x(t)=x0cos⁡(ω0t)x(t) = x_0\cos(\omega_0 t), d'où x˙(t)=−x0ω0sin⁡(ω0t)\dot{x}(t) = -x_0\omega_0\sin(\omega_0 t). La vitesse est maximale en valeur au passage par l'équilibre :

vmax⁡=x0 ω0=x0km=0,050×200,20=0,050×10=0,50 m⋅s−1.v_{\max} = x_0\,\omega_0 = x_0\sqrt{\frac{k}{m}} = 0{,}050 \times \sqrt{\frac{20}{0{,}20}} = 0{,}050 \times 10 = 0{,}50 \ \text{m·s}^{-1}.

On retrouve ce résultat par l'énergie : Em=12kx02E_m = \tfrac{1}{2}kx_0^2 se conserve, et au passage par l'équilibre toute cette énergie est cinétique, 12mvmax⁡2=12kx02\tfrac{1}{2}mv_{\max}^2 = \tfrac{1}{2}kx_0^2, soit vmax⁡=x0k/mv_{\max} = x_0\sqrt{k/m}. Les deux méthodes concordent.

Résultat : T≈0,63T \approx 0{,}63 s, indépendante de l'amplitude, et vmax⁡=0,50v_{\max} = 0{,}50 m·s⁻¹.

Exercice 2, le pendule simple aux petites oscillations

Énoncé. Un pendule simple est constitué d'une masse mm au bout d'un fil inextensible de longueur LL, sans frottement. On note θ\theta l'angle du fil avec la verticale. Par le théorème du moment cinétique, établir l'équation du mouvement, puis la période des petites oscillations pour L=1,0L = 1{,}0 m.

Solution. Système : la masse, référentiel terrestre galiléen, point fixe OO = point d'attache du fil. Deux forces : le poids P⃗=mg⃗\vec{P} = m\vec{g} et la tension du fil T⃗\vec{T}. La tension est dirigée selon le fil, donc selon OM⃗\vec{OM} : son moment en OO est nul. Seul le poids contribue. Le moment cinétique vaut LO⃗=OM⃗∧mv⃗\vec{L_O} = \vec{OM}\wedge m\vec{v}, de norme LO=mL2θ˙L_O = mL^2\dot{\theta} (mouvement circulaire de rayon LL). Le moment du poids en OO a pour norme −mgLsin⁡θ-mgL\sin\theta (couple de rappel). Le TMC projeté sur l'axe de rotation donne :

ddt(mL2θ˙)=−mgLsin⁡θ⟹θ¨+gLsin⁡θ=0.\frac{d}{dt}\bigl(mL^2\dot{\theta}\bigr) = -mgL\sin\theta \qquad \Longrightarrow \qquad \ddot{\theta} + \frac{g}{L}\sin\theta = 0.

Aux petites oscillations, sin⁡θ≈θ\sin\theta \approx \theta (en radians), et l'équation devient celle d'un oscillateur harmonique :

θ¨+gL θ=0,ω0=gL.\ddot{\theta} + \frac{g}{L}\,\theta = 0, \qquad \omega_0 = \sqrt{\frac{g}{L}}.

La période des petites oscillations est donc, avec g=9,81g = 9{,}81 m·s⁻² :

T=2πLg=2π1,09,81≈2,0 s.T = 2\pi\sqrt{\frac{L}{g}} = 2\pi\sqrt{\frac{1{,}0}{9{,}81}} \approx 2{,}0 \ \text{s}.

Résultat : θ¨+gLsin⁡θ=0\ddot{\theta} + \frac{g}{L}\sin\theta = 0, période T≈2,0T \approx 2{,}0 s aux petites oscillations, indépendante de la masse. On note que la période ne dépend pas non plus de l'amplitude tant qu'elle reste petite : c'est l'isochronisme des petites oscillations.

Exercice 3, satellite en orbite circulaire

Énoncé. Un satellite de masse mm décrit une orbite circulaire de rayon rr autour de la Terre (masse MM), dans le référentiel géocentrique supposé galiléen. Montrer que le mouvement est uniforme, exprimer la vitesse vv et la période TT, puis l'énergie mécanique EmE_m.

Solution. Le satellite n'est soumis qu'à la force de gravitation F⃗=−GmMr2er⃗\vec{F} = -\dfrac{GmM}{r^2}\vec{e_r}, force centrale dirigée vers le centre OO de la Terre. En coordonnées polaires sur un cercle de rayon rr constant, l'accélération vaut a⃗=−rθ˙2 er⃗+rθ¨ eθ⃗\vec{a} = -r\dot{\theta}^2\,\vec{e_r} + r\ddot{\theta}\,\vec{e_\theta}. Le PFD projeté sur eθ⃗\vec{e_\theta} donne mrθ¨=0mr\ddot{\theta} = 0, donc θ˙=cte\dot{\theta} = \text{cte} : le mouvement est circulaire uniforme. Sur er⃗\vec{e_r} :

−mrθ˙2=−GmMr2soitmv2r=GmMr2,avec v=rθ˙.-mr\dot{\theta}^2 = -\frac{GmM}{r^2} \qquad \text{soit} \qquad \frac{mv^2}{r} = \frac{GmM}{r^2}, \quad \text{avec } v = r\dot{\theta}.

On en tire la vitesse, indépendante de la masse du satellite :

v=GMr.v = \sqrt{\frac{GM}{r}}.

La période est T=2πrvT = \dfrac{2\pi r}{v}, ce qui, élevé au carré, redonne la troisième loi de Kepler :

T=2πr3GM⟹T2r3=4π2GM=constante.T = 2\pi\sqrt{\frac{r^3}{GM}} \qquad \Longrightarrow \qquad \frac{T^2}{r^3} = \frac{4\pi^2}{GM} = \text{constante}.

Pour l'énergie, l'énergie cinétique vaut Ec=12mv2=GmM2rE_c = \tfrac{1}{2}mv^2 = \dfrac{GmM}{2r} et l'énergie potentielle de gravitation Ep=−GmMrE_p = -\dfrac{GmM}{r}. L'énergie mécanique est leur somme :

Em=Ec+Ep=GmM2r−GmMr=−GmM2r.E_m = E_c + E_p = \frac{GmM}{2r} - \frac{GmM}{r} = -\frac{GmM}{2r}.

Résultat : v=GM/rv = \sqrt{GM/r}, T=2πr3/GMT = 2\pi\sqrt{r^3/GM} et Em=−GmM2rE_m = -\dfrac{GmM}{2r}. L'énergie mécanique est négative, signature d'un état lié : le satellite ne peut s'échapper qu'en recevant assez d'énergie pour ramener EmE_m à zéro.

Ces trois réflexes, mettre une équation sous forme canonique d'oscillateur, dégainer le TMC dès qu'une force est centrale, et croiser PFD et énergie pour se contrôler, sont exactement ceux que nos profs Hadamard, passés par les prépas de l'X et de CentraleSupélec, entraînent en priorité : ils reviennent dans presque tous les sujets de mécanique du concours, et se préparent bien mieux par une révision régulière et active que par la relecture passive du cours.

Ce qu'il faut retenir

  • Cinématique : v⃗=r˙ er⃗+rθ˙ eθ⃗\vec{v} = \dot{r}\,\vec{e_r} + r\dot{\theta}\,\vec{e_\theta} et a⃗=(r¨−rθ˙2)er⃗+(rθ¨+2r˙θ˙)eθ⃗\vec{a} = (\ddot{r} - r\dot{\theta}^2)\vec{e_r} + (r\ddot{\theta} + 2\dot{r}\dot{\theta})\vec{e_\theta} en polaires ; on ajoute z˙ ez⃗\dot{z}\,\vec{e_z} et z¨ ez⃗\ddot{z}\,\vec{e_z} en cylindriques.
  • PFD : ∑F⃗=ma⃗\sum\vec{F} = m\vec{a} dans un référentiel galiléen ; tout se joue sur le choix de la base de projection.
  • Énergie : ΔEc=∑W\Delta E_c = \sum W (TEC) ; Em=Ec+EpE_m = E_c + E_p se conserve si toutes les forces qui travaillent sont conservatives.
  • Énergies potentielles : mgzmgz (pesanteur), 12kx2\tfrac{1}{2}kx^2 (ressort), −GmM/r-GmM/r (gravitation).
  • Moment cinétique : LO⃗=OM⃗∧mv⃗\vec{L_O} = \vec{OM}\wedge m\vec{v} et dLO⃗dt=MO⃗\dfrac{d\vec{L_O}}{dt} = \vec{\mathcal{M}_O} ; force centrale ⇒\Rightarrow LO⃗\vec{L_O} constant, mouvement plan, loi des aires r2θ˙=Cr^2\dot{\theta} = C.
  • Oscillateur harmonique : x¨+ω02x=0\ddot{x} + \omega_0^2 x = 0, période T=2π/ω0T = 2\pi/\omega_0 ; ressort ω0=k/m\omega_0 = \sqrt{k/m}, pendule ω0=g/L\omega_0 = \sqrt{g/L}.

La mécanique du point est la fondation de toute la physique de prépa : elle irrigue la mécanique du solide, les oscillateurs amortis et forcés, l'électromagnétisme et la physique des ondes. La solidité de ce premier chapitre conditionne toute l'année, d'où l'intérêt de le travailler à fond dès la rentrée. Pour situer d'où tu pars, notre panorama du programme de maths et physique de Terminale montre précisément ce que la prépa approfondit et ce qu'elle suppose déjà acquis.

Envie de bâtir ces automatismes dès le lycée ou de les consolider en Sup ? Découvre la filière MPSI et la façon dont Hadamard accompagne la mécanique du point, du bilan des forces jusqu'aux oscillateurs, avec des colles régulières et des corrigés détaillés.

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